CHRONIQUE 1966- 1972

 

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AGENDA DES CONCERTS

Agenda des concerts rock

en Belgique - Année 1968

 

Agenda des concerts rock en Belgique - Année 1969

 

Agenda des concerts rock en Belgique - Année 1970

 

Agenda des concerts rock en Belgique - Année 1971

 

Agenda des concerts rock

en Belgique - Année 1972

 

FESTIVALS

Pop-Event à Deurne Arena 21 juin 1969

Festival Jazz Bilzen 1966

Festival Jazz Bilzen 1967

Festival Jazz Bilzen 1968

 

Festival Jazz Bilzen 1969

 

Festival Jazz Bilzen 1970

 

Festival Jazz Bilzen 1971

 

Festival Jazz Bilzen 1972

 

 

Festival de Châtelet 1966

 

Festival de Châtelet 1967

 

Festival de Châtelet 1968

Free Show Wolu Shopping Center - juin 1971

Free Show Wolu Shopping Center - octobre1971

 

Festival Actuel -Amougies

- Mont de l'Enclus 1969

 

Pop Hot Show 1 du 6 novembre 1969- Salle de la Madeleine

 

Pop Hot Show 2 du 20 décembre 1969 -Salle Newton

 

Pop Hot Show 3 du 7 mai 1970 -Moustier sur Sambre

 

Pop Hot Show 4 des 17 -18 mai 1970- Trazegnies

 

Pop Hot Show 5 du 5 septembre 1970 - Huy-Andenne

 

Cocoripop Charleroi 1971

 

Pop Circus 30 avril 1972 à Liège

 

Festival Guitare d'Or Ciney 1966 -1968

 

Festival Guitare d'Or

Ciney 1969 -1971

Rac Pop Festival 69

 

Le parapluie des vedettes

Huy 1967 - 1968

 

Island Show - Londerzeel octobre 69

 

Festival Ile de Wight

août 1970

 

Festivals à Jemelle 1969-1973)

 

Wolu City 1966 -1967-1968

 

Festival - en France

Seloncourt 18 et 19/9/1971- Pete Brown

 

GROUPES ÉTRANGERS

 

Rolling Stones Bruxelles 1966

 

Rockstars 1966-1969 in Belgium-Holland-England

 

Rockstars 1970-1972 in Belgium-Holland-England

 

Kinks en Belgique 1966

 

Who en Belgique 1967

 

Jimi Hendrix en Belgique 1967

 

Mike Stuart Span 1968

 

Fleetwood Mac en Belgique 1970

 

Genesis en Belgique 1971-72

 

Everly Brothers Roma 1972

 

Hollies et Move à Gand au Sportpaleis en 1969

 

Pink Floyd Belgique - Théâtre 140

 

Spencer Davis Group en Belgique

 

Théâtre 140 - 36Hr underground -Yes -Ten Years After - Nice

 

Tremeloes - Festival Ciney 1971

 

Cliff Richard - Marvin, Welch, Farrar -Olivia Newton-John -Anvers 1971

 

Jethro Tull - Belgique 1972

 

Golden Earring en Belgique 1971-1973

Wings - Roma 1972

DANCINGS

 

Dancings sur la côte belge - années '60

 

Wallace Collection 1968 Répétitions aux Gémeaux

 

Dancing Le Grenier Antre du rock

 

Cheetah Club, temple du rock

 

Discothèque Les Gémeaux

 

Club Dancing Le Puzzle

 

Ferme V. Story - 1965-1974

 

Le Pop and Soul

 

SALLE SPECTACLE

 

Palais des Beaux-Arts s'ouvre au rock - 1970

 

MEDIA

 

British Week à Bruxelles - 1967.

 

Culture Pop : Mersey Beat Années Hippies Flower Power - Psychedelisme.

 

Swinging London années 60

 

Show-Biz en Belgique dans les années 60

 

Pop Shop - Émission rock RTB - 1970-1973

 

Filles des années 60 - Models sixties

CHRONIQUE 1960-1965 CHRONIQUE 1966-1972 CHRONIQUE 1973-1980 LES PIONNIERS DU ROCK GROUPES ROCK
BELGES

GRAVÉ DANS LE ROCK BIBLIO - ROCK
NEWS
THE SHAKESPEARES CINEMA - SALLES
COUPS DE FILMS
LIENS
 

 

FESTIVAL DE LA GUITARE D'OR

CINEY (1969-1971)

HUITIÈME ÉDITION

DIMANCHE 13 JUILLET 1969

Electric Bull, un groupe d'Arlon

 

 

CONCOURS D'ORCHESTRES

 

MATIN


LES NAJAS (Ciney)

WYNET (Namur)

TIM BREAN GROUP (Bruxelles)

ELECTRIC BULL (Arlon)

DANNY and THE NOISEMAKERS (Braine l'Alleud)

FREAK SYSTEM (Bruxelles)

THE NEXT BLUE JETS (Seraing)

DOMINIQUE and the NEW DON JUAN (Ans)

THE CARLTONS (Ciney)

 

APRÈS-MIDI

 

THE BLACK CATS (Dusseldorf)

OPUS (Maestricht)

THE HARDS HIPS (Stuttgart)

THE POWER PLAG (Stuttgart)

MEDIUM (Paris)

 

EN INVITÉS : SOUL FINGERS

 

17H30 Tandis que le jury se retire pour choisir les finalistes, le véritable spectacle avec les CATS (HOL), les LORDS (ALL) les SOUL FINGERS (BG) et les SERPENTS NOIRS (BG)

 

Président du comité d'organisation : Mr Marot, échevin
Président du Jury : Nicolas Résimont - adjoint : Henri Segers
Présentation : JEAN MARTIN - MICHEL LEMAIRE et la chanteuse irlandaise : LINDA KERBY

 

PALMARÈS - 8° édition


1. THE BLACK CATS
2. MEDIUM
3. THE NEW BLUE JETS

4. DANNY & NOISEMAKERS

5.OPUS

 

 

 

 

 

COMPTE-RENDU

 

par Piero Kenroll

Télé Moustique N° 2267

 

 

Concernant le concours d'orchestre, bien sûr, il y a eu du pour et du contre. Pour: l'excellente organisation en général, l'amablité des officiels de Ciney, la gentillesse du public, la qualité des orchestres étrangers. Contre : le jury composé pour la majorité de gens trop âgé que pour juger de la musique pop, le nombre incroyable de groupes soul se ressemblant de façon étonnante, le verdict final du jury.

 

Le matin, pour les groupes belges, le plus original ne fut même pas retenu. C'était l'ELECTRIC BULL d'Arlon. L'après-midi, trois groupes méritaient l'attention : OPUS de Hollande, THE BLACK CATS, d'Allemagne, et MEDIUM de France.

 

Voyant l'âge du jury et sur une idée de Freddy Nieuland du Wallace Collection, nous avons formé une sorte de "jury contestataire" comprenant quelques musiciens des groupes vedettes de la journée, des présentateurs-radio, des connaisseurs et des journalistes. L'unanimité donnait la palme au MEDIUM. ; Venait ensuite OPUS et enfin THE BLACK CATS.

 

Comme nous l'avions prévu, le jury officiel (et donc le seul qui avait quelque chose à dire) désigna THE BLACK CATS comme , vainqueurs, MEDIUM étant deuxième et OPUS cinquième ! Précisons qu'à part deux ou trois membres compétents comme Henri Segers et Nicolas Résimont, la composition du jury aurait pu être meilleure. Plus de jeunes l'année prochaine s. v. p.

 

 

 

 

 


EN VEDETTES
WALLACE COLLECTION

 

The Wallace Collection

 

Wallace Collection sur le podium de Ciney - 13 juillet 1969

 

The Wallace Collection a connu à Ciney la plus colossale ovation de sa jeune carrière. Le groupe fut davantage applaudi et plébiscité que Barry Ryan. Un moment mémorable surtout dans leur interprétation de Daydream. Nouveauté : le groupe vient de sortir un 45 tours avec Love en face A..

DAVID ALEXANDER WINTER

 

David Alexandre Winter, de nationalité hollandaise, quitte les Pays-Bas en 1969 pour tenter sa chance à Paris La même année, il remporte le Festival de la Chanson d'Antibes. Il est repéré par la maison de disques Riviera Records, une succursale du groupe Barclay. En avril de la même année, il sort son plus grand succès Oh Lady Mary qui devient très rapidement un avec 750 000 disques vendus en septembre. Le million est atteint en novembre en France.

THE VIRGIL BROTHERS (AUSTR)

 

Australiens de souche, ils chantent tous les trois. Leurs voix s'apparentent tantôt à celle de Tom Jones, tantôt à celle d' Engelbert Humperdinck ou de John Rowles. Ils ont le même producteur que le Wallace Collection : David MacKay. Quant à leur manager, il s'agit de Bruce Welch, ex-Shadows.

BARCLAY JAMES HARVEST (GB)

Qualifié de groupe underground, le Barclay James Harvest est difficilement classable sur le plan musical. En effet, son style peut varier entre douceur et violence, entre modernité et classicisme. Ce n'est pas le genre de musique que l'on a l'habitude d'écouter sur un juke-box. C'est donc un ovni qui se présenta sur le podium de Ciney. L'accueil qui lui fut réservé fut excellent.

EN INVITÉ D'HONNEUR

BARRY RYAN

COMPTE-RENDU

par Piero Kenroll

Télé Moustique N° 2267

 

 

Le secret du succès de Barry Ryan sur scène : il se dédouble !

C'était la première fois qu'il se présentait en public sur le continent. Il a mis tout le monde en poche. Accompagné seulement par le Candy Choir, qui se compose de trois guitaristes et d'un batteur, il arrive à créer un impact encore plus fort que sur ses disques, où il est soutenu par une quarantaine de musiciens.

 

Il débute avec Shake, de Sam Cooke. Il est vêtu d'une élégante veste de cuir brune, d'une tunique blanche à longue franges et d'un pantalon de velours gris. Toute la gent féminine est en extase. Love Is Love, The Colour Of My Love>, Califonia Dreamin, Des filles montent sur scène, se jettent sur lui, l'embrassent.

 

Et puis vient le moment le plus inattendu.

 

« Voici mon frère Paul qui compose mes chansons.» Et soudain il y a DEUX Barry Ryan sur le podium ! Aussi beaux, aussi assurés l'un que l'autre. Faisant preuve d'un « métier, qui rend ridicules les pâles efforts de David Alexandre Winter qui s'était produit avant.

 

Paul retourne dans les coulisses le temps de permettre à Barry de chanter Eloise.

 

Mais ce n'est pas fini!... Paul revient sur scène, et Barry entonne avec lui Oh Happy Day... When Jesus Washed... Tout le monde chante. Barry, Paul, le Candy Choir, le public, les techniciens, les agents de police, les pompiers... C'est du délire. Les Ryan saluent, c'est terminé. Une immense ovation secoue le chapiteau.

 

 

FESTIVAL DE LA GUITARE D'OR

NEUVIÈME ÉDITION

DIMANCHE 28 JUIN 1970

 

CONCOURS D'ORCHESTRES

 

MATIN et APRÈS-MIDI

 

 

DOMINIQUE ET LES DON JUAN (Ans)

BUTTERFLIES (Virginal)
OCTOPUS (Verviers)

MAUSOLEUM (Ciney)

THE HALF CROWN (Vaux)

EDDY MONGO et les MAGNÉTIQUES (Bruxelles)

BRAIN MASTURBATION (Genappe)

THE STRAVAGANT (Bruxelles)

FIRE WATCH CARABOSSE (Tilff)

THE NEW NUTS (ST Nicolas)

ARKHAM (Genappe)

TOPAZE (Mons)

ELECTRIC BULLS (Arlon)

SOFT CREATION (Liège)

KREMLIN (Wilreux)

 

Présentateur : Jean Martin

 

 

PALMARÈS


1. ARKHAM
2. SOFT CREATION
3. TOPAZE
4. OCTOPUS

 

Arkham - Vainqueurs 1970

 

Trio composé de Jan-Luc Manderlier, orgue et piano électrique, Claude Piccolo Berkovitch, basse et chant et Daniel Denis, batterie.

 

Alors que la plupart des autres formations ont confondu qualité avec puissance sonore, ARKHAM a démontré son originalité par son style équilibré et bien en place. Sur le plan musical, il se situe entre le Soft Machine et Brian Auger. Par conséquent, l'organiste y tient le rôle principal et le chant se réduit au minimum.

 

 

 

COMPTE-RENDU

par Piero Kenroll

Télé Moustique 2317 et 2319

 

Pour ceux qui n'ont jamais été dans cette sympathique cité de la province de Namur, je recommande le voyage, car il faut vivre l'ambiance du concours d'orchestres, C'est un des concours les plus importants de Belgique ; tremplin idéal pour les groupes amateurs. Ceux-ci défilent sans arrêt depuis 9 heures du matin, et en général, vers 18 heures le soir, on sait qui, a gagné.

A l'origine, la formation qui triomphait recevait une véritable miniature de guitare plaquée or. Mais depuis le jour où les vainqueurs s'empressèrent d'aller vendre leur trophée à la bijouterie la plus proche pour pouvoir se payer un sandwich, on en est venu à un prix plus intéressant pour des débutants : l'enregistrement d'un disque.

 

LES SUPPORTERS

 

Il est de tradition pour chaque participant au concours d'emmener ses supporters. Comme la réaction de la salle compte dans l'attribution des points, on assiste souvent au spectacle suivant : quatre ou cinq familles (suivant le nombre de musiciens qu'il y a dans le groupe) arrivent au petit matin, pour être sûres d'avoir les meilleures places. Il y a les parents, les oncles, les tantes, les cousins, la voisine, les relations et les copains. Tout ce beau monde est équipé de calicots qui ne laissent aucun doute sur son parti pris : « Les Bad Boys sont les meilleurs ! « Vive les New Old Teenagers ! » « Les Colibris sont les plus forts », etc...

 

Une fois installés, les supporters déballent leurs tartines et se désintéressent complètement de ce qui se passe sur scène, ils se relaxent (ils amassent des forces pour le moment critique). Puis soudain une nervosité commence à s'emparer d'eux. Ça va être le tour de leurs poulains. Quand ceux-ci sont enfin sur le podium, les supporters commencent à hurler. Parfois ils appuient leurs hurlements de coups de sifflet, de sonnerie de clairon, de coups de klaxon ou de roulements de créc elle. Parfois ils arrivent à faire tellement de bruit qu'on n'entend plus le groupe qui est sur scène.

 

LE JURY !

 

Quand le concours s'achève, si le jury et le public sont d'accord (ce qui n'arrive pas souvent), il n'y a pas trop de problèmes pour proclamer les résultat, sinon, c'est le présentateur qui doit s'y coller. Parfois celui-ci se défile au moment critique, et c'est le président du jury qui monte sur scène.

 

Le jury ne se débrouille pas mal. Mais l'année passée, il comprenait encore, trop de « vieux ». Je ne conteste pas que certains d'entre eux s'y connaissent effectivement en musique, mais, même dans ce cas, ils ne sont pas progressifs. Comme un certain nombre de points est attribué à la tenue sur scène, c'est la tasse.

Pour certains membres du jury, la tenue sur scène idéale est celle des Shadows. L'année passée, un groupe plein de punch n'a même pas pu avoir accès à la finale parce que le chanteur s'inspirait un peu trop de Ian Anderson du Jethro Tull.

 

OPUS

 

C'est à l'OPUS que revint l'honneur difficile d'être le premier groupe professionnel. Il a débuté avec le titre de son disque actuel : Baby, Come On et il ne s'est pas mal défendu, sans rien apporter de neuf, toutefois.

 

THE GREATEST SHOW ON EARTH

 

Jean Martin, artisan du succès du Wallace Collection et principal programmateur du Festival de Ciney, a eu le coup de foudre pour THE GREATEST SHOW ON EARTH.

 

Le groupe se compose de huit membres et sa cohésion est parfaite.

Ils jouent d'une vingtaine d'instruments différents. Il y a Colin Horton­Jennings (chant, flûte, guitare acoustique et tambourin), Garth Wattroy (chant, guitare solo, guitare électrique et acoustique à douze cordes, Norman Watt-Roy (chant et basse), Mick Deacon (chant. orgue, guitare), Ron Prudence (batterie), Dick Hanson (trompette et clochettes), Tex Phillpotts (saxophone alto et ténor, maracas et bongos) et Ian Aitcheson (saxophone ténor).

 

Chaque musicien a l'air de s'amuser follement et ça bouge tout le temps.

 

Ils ont sorti un album chez Gramophone: Horizons (Harvest SHVL 769). A la suite de leur passage à Ciney, la firme sortira un single extrait de cet album.

 

La finale est assez démente : l'organiste joue son petit Keith Emerson et le guitariste son petit Pete Townshend. Le GREATEST SHOW ON EARTH tournait la semaine passée pour la TV belge, on le verra donc bientôt sur les petits écrans.

 

WATERLOO

 

Composition du groupe : Jacky Mauer (batterie), Gus Rohan (guitare et chant), Dirk Bogaert (flûte et chant), Mark Mallister (orgue) et Jean-Paul Janssens (basse).

 

Le Waterloo a démarré il y a environ neuf mois sur des chapeaux de roues. C'était très prometteur. D'abord les musiciens étaient tous très compétents et Gus Rohan, qui compose les chansons du groupe, avait l'air d'en savoir long sur la question.

 

Les débuts du groupe eurent lieu à l'Ancienne Belgique, ce qui n'est pas donné à tout le monde. Ensuite un Pop Hot Show confirmait que les cinq membres du groupe « en voulaient ». Vint alors le premier simple, Meet Again. Il entra au hit-parade des jeunes. Leur long­playing intitulé First Battle, faisait espérer que le Waterloo allait remporter la bataille. Malheureusement, il n'eut pas le succès escompté.

 

Sur le podium de Ciney, chacun des musiciens se sont présentés torse nu recouvert d'une couche d epeinture. L'organiste en bleu, le guitariste en jaune, le batteur en vert, le bassiste en blanc et le chanteur en rouge.

 

 

ALICE - TRIANGLE - ALAN JACK CIVILIZATION

On avait annoncé deux groupes français ALICE et TRIANGLE. Il en vint trois : ALICE, DINASTY CRISIS et ALAN JACK CIVILIZATION. Je passe rapidement sur ALAN JACK, qui était tellement nul qu'il n'aurait même pas été classé s'il avait participé au concours des groupes amateurs.

 

Les deux autres formations étaient meilleures et avaient au moins le mérite de savoir créer de l'ambiance. Sur disque, ça ne doit pas être terrible, mais sur scène, c'est marrant. Surtout DINASTY CRISIS, qui a un look complètement dingue.

Le chanteur du groupe a le crâne rasé et, tenez-vous bien, il s'appelle JACQUES MERCIER. Quand le Jacques Mercier de la RTB va entendre ça, il ne s'en remettra pas.

 

Dinasty Crisis

BRAINBOX

 

BRAINBOX, le deuxième groupe hollandais de la soirée, n'ajouta rien de bien neuf au programme. Mais ce qu'il faisait, il le faisait bien. Il fut un peu bousculé par l'horaire, car les groupes français, dont l'organisation n'était pas meilleure que la musique, avaient causé un retard considérable à tout le spectacle. C'est ainsi que lorsque vint le tour du FAMILY, il était 1 heure du matin.

 

FAMILY

 

Certains groupes ont une personnalité plus forte que les autres au sein de, leurs membres. Jethro Tull a Ian Anderson et Ten Years After a Alvin Lee. Le Nice avait Keith Emerson. Pour Family, il y a Roger Chapman.

 

Si certains chanteurs arrivent à entrer vraiment en communion avec le public, pour Chapman, c'est le contraire. Il est à peine arrivé sur scène qu'il essaye de perdre ce contact le plus vite possible. Il s'en va dans son monde à lui.

 

À la fin, on a vraiment l'impression qu'il ne voit, n'entend et ne sent plus rien. S'il se taisait en plus, on pourrait penser que c'est pour lui que le Who a écrit Tommy, l'histoire du garçon sourd, aveugle et muet.

 

Roger Chapman

 

Mais Roger Chapman ne se tait pas, il hurle comme un

poissonnier. Le vibrato de sa voix est un phénomène en lui-même, capable de faire s'arracher les cheveux à un laryngologue,

 

Pour l'accompagner, il dispose de quatre musiciens complets. À la guitare solo : John Whitney. Il emploie une guitare à deux manches ; l'un comporte six cordes et l'autre douze. On raconte que Clapton lui aurait un jour offert un chèque en blanc pour acquérir cette guitare unique au monde.

 

À la basse, principalement, mais aussi à l'occasion au solo et au violon : John Weider.

 

 

 

C'est lui qui a remplacé Rick Grech quand celui-ci a quitté le Family pour faire partie du Blind Faith. Avant cela, John avait déjà connu la célébrité, puisqu'il était aux côtés d'Eric Burdon dans les Animals.

 

Sur le L.P. Winds Of Change , c'est lui le responsable de la merveilleuse intro de Paint It Black au violon.

 

Au piano, à la flûte ou au saxo John Palmer (appelé Pol) parait assez discret sur scène, mais il n'en est pas moins efficace. Quand il est au piano, il est au septième ciel. Il a remplacé Jim King, qui était un des membres fondateurs du groupe et qui poursuit à présent son propre chemin.

 

Enfin à la batterie : Rob Townsend. C'est le type rassurant du groupe. Il est petit, trapu et souriant. En général les batteurs sont des gens qui ont un excellent caractère, Rob ne fait pas exception à la règle.

 

Le dernier simple du Family était trop subtil pour avoir un gros succès commercial, mais tous ses albums ont été de très gros hits.

Ils sont sortis en Belgique de façon désordonnée: pour cela, il est peut-être bon de rappeler leur ordre : le premier, avec la formation originale : Music In A Doll's House ; le deuxième, avec Weider et Palmer : Family Entertainment ; le troisième : A Song For Me.

 

Deux simples sont sortis aussi qui ne figurent pas sur les albums originaux : No Mule's Fool (il figure sur l'édition française d'un des albums) ; et le dernier : Today.

 

 

FAMILY a terminé sa prestation vers 2 heures du matin, il méritait un « encore » ; mais seuls quelques faibles rappels infructueux jaillirent du public complètement anéanti par la fatigue accumulée au cours d'une aussi longue journée.

 

Les autostoppeurs étaient nombreux le long de la route du retour. Pas moyen de les prendre tous. Il faut absolument faire quelque chose pour que ce genre de manifestation se termine à l'heure.

 

Piero

FESTIVAL DE LA GUITARE D'OR

DIXIÈME ET DERNIÈRE ÉDITION

DIMANCHE 11 JUILLET 1971

 

Présentation : Jean Martin et Piero Kenroll

 

The Tremeloes : les vedettes de Ciney 1971

 

 

Dixième Festival de la Guitare d'Or de Ciney. On dira ce qu'on voudra, mais dix ans pour un festival, c'est un bail.

 

Alors qu'en Angleterre ce genre de manifestations tend à disparaître, étouffé par son propre gigantisme, et qu'en France on essaie toujours « d'en réussir ne fût- ce qu'un (même un petit) », Ciney continue son petit bonhomme de chemin, sans grands problèmes, avec des hauts et des bas, certes, mais toujours avec bonne humeur.

 

Il faut tout de même remarquer que c'est l'administration communale de la ville qui prend chaque année l'initiative du festival. C'est sympathique, alors que d'autres poussent de grands cris à l'idée de voir des jeunes se réunir sur leur territoire.

 

Jean-Luc Crucifix a suivi depuis du début jusqu'à la fin le déroulement du festival de la Guitare d'Or, édition 10 . Il n'y a pas toujours rigolé... mais il vous le relate avec le sourire...

 

 

COMPTE-RENDU

Jean-Luc Crucifix

Télé Moustique N° 2373
LE SUPPLICE DU CONCOURS DES ORCHESTRES AMATEURS

 

On a eu chaud ! Au moins trente degrés sous le chapiteau, sans compter la (bonne) musique (mais rare) qui échauffait encore plus. Heureusement, pour nous rafraîchir, nous avions la douche écossaise que constituait la suite sans fin des groupes amateurs, j'allais dire débutants.

 

Mettez-vous à la place du pauvre gars qui pénètre fièrement dans l'enceinte du chapiteau et qui se réjouit déjà de voir et d'entendre le groupe qu'il aime; à la place, il voit et entend un courageux présentateur qui annonce : « Et voici, après " Tric truc band ", le huitième... Excusez-moi, non, c'est le neuvième, comment s'appellent-ils donc ?... C'est pourtant marqué sur mon papier... Un instant... Ah ! oui, c'est le " Super-formid-flob group ", qui, je vous le rappelle, concourt dans la catégorie " danse " ».

 

Apparaît alors un amalgame étrange de cheveux, de T-shirts, de jeans délavés et de barbes pour ceux qui savent en avoir. Sans oublier leur « roadies ». Il s'agit alors d'installer le matériel. « Dis, tu ne veux pas défaire le nœud ? Il m'empêche de raccorder ma basse. » Une minute passe, puis deux, trois, quatre.

 

 

UNE MOYENNE DE 8 MINUTES
PAR GROUPE

« Messieurs, je vous rappele que vous avez droit en tout et pour tout à quinze minutes. Il vous en reste dix... » Comptons-en deux (dans les meilleurs cas) pour accorder les instruments. Cela fait en moyenne huit minutes par groupe pour prouver que le guitariste sait jouer trois notes d'affilée (presque aussi bien qu'Alvin Lee), pour exhiber un chanteur, curieux croisement de Roger Chapman, de Mick Jagger( We Love The Devil, qu'il gueule) et de Joe Cocker. Huit minutes. Dans 90% des cas, c'est trop, beaucoup trop pour une petite tête de capacité moyenne.

 

Donc le pauvre gars qui subit l'avalanche provoquée par l'amas de notes approximatives et de rythmes décadents, ce pauvre gars, il a une seule idée : fuir, fuir n'importe où, de préférence au café d'en face.

 

PALMARÈS

Vainqueur catégorie Musique Pop : EMBRYO de Tervueren


Vainqueur catégorie Musique Danse : THE STIFANY de Tamines

 

 

 

 
IRISH COFFEE ET CAPTAIN BISMARCK : DOUBLE DÉFECTION
 

Onze heures, l'heure de gloire est arrivée. Enfin va se produire le premier groupe vedette Irish Coffee. Ne pavoisons pas, restons calmes. Irish Coffee n'est pas venu. « Bah ! Ce n'est rien, ça ne fait qu'un groupe en moins ». Passons à la suite du programme : Captain Bismarck. Eh bien, le Bismarck, il a dû couler, parce qu'il n'est pas venu ». Mention spéciale cependant pour le bassiste, qui lui était là, mais ne savait pas où s'étaient noyés ses copains... Deux absents : il fallait sauver les meubles. Les femmes et les enfants d'abord ! Le Lagger Blues Machine est d'accord de se produire en remplacement.

 

LBM LES REMPLACE AU PIED LEVÉ

 

Immédiatement les quatre musiciens nous ont emmenés dans une atmosphère musicale propre, rencontre de diverses tendances : on reconnaît derrière le « sound » les influences spatiales du Pink Floyd, le réalisme musical du Soft Machine et le côté plus terre à terre du hard rock. Tout cela était agréable, jusqu'au moment où le batteur se lança dans un long solo qui avait comme principale caractéristique de ne pas vouloir se terminer. Ce genre d'exhibition ne plaît vrai­ ment plus qu'aux minettes en mal de sensations, surtout si le batteur est joli garçon.

 

 

 

Lagger Blues Machine

 

Et quel est donc ce masochisme qui pousse un gars à taper durant dix interminables minutes sur quelques peaux de chèvre tendues ? Ceci est valable également pour les innombrables solos qui se sont fait entendre durant la journée. Après le solo du Lagger Blues Machine, les esprits se sont retrouvés aux quatre coins du chapiteau. Coïncidence étrange : c'est là qu'étaient installés les comptoirs des bars. (C'est terrible comme on boit à Ciney... La musique ne serait-elle qu'un prétexte pour faire couler la bière ?)

 

THE PEBBLES


The Pebbles


 

On accorde tout de même un répit à ce beau monde : pas une note ne sera diffusée pendant plus d'une heure, pour permettre au public de manger sans crainte d'indigestion... Et ce ne seront pas les pires moments du festival.

 

Bien mangé, bien bu : au tour des Pebbles de montrer leur savoir-faire. Justement, ils en avaient, du savoir-faire, car ce sont tous d'excellents instrumentistes. Ils ont même toutes les possibilités pour aller plus loin que ce qu'ils nous ont fait entendre : ils se sont contentés de débiter leur répertoire habituel, c'est- à-dire une musique commerciale, pépère, dansante (la meilleure preuve, c'est que, certains dansaient), agréable à l'écoute, mais seulement à l'écoute, car il ne reste plus rien dès que les guitares se sont tues. Le public les a (évidemment) bien accueillis, d'autant plus que les Pebbles n'ont pas hésité à jouer leur sempiternel Mack Intosh en version revue et augmentée.

 

 

Un morceau démagogique, Woodstock, a achevé de sceller le succès du groupe, qui fut même rappelé dans l'allégresse générale. En vain, « parce qu'il faut absolument faire passer les groupes du concours ». Sans commentaires.

 

En guise d'intermède, nous eûmes même droit à un soupçon de politicaillerie de quartier, avec le speech du maïeur » de Ciney. Quand je vous le disais, que nos festivals se politisent...

 

On a dérangé les pompiers.

 

Pour la petite histoire, savez-vous que l'on a expressément dérangé les pompiers de Ciney pour arroser le chapiteau, afin de rafraîchir l'atmosphère ? Savez-vous aussi (je parie que non) que l'on a gracieusement offert une dinanderie à un type qui amusait le public avec un clair on ?

 

 

KLEPTOMANIA

Kleptomania annees 60

 

Mais voici que se présente le Kleptomania (Klepto pour les intimes). Je n'avais jamais vu le groupe dans sa nouvelle formule, depuis l'adjonction de l'organiste. le l'ai trouvé moins percutant qu'auparavant, moins carré, moins propre. Mais il gagne en harmonie et en jeu d'ensemble. Il sait se montrer amusant, ce qui est une qualité dès le moment où l'on se produit à un festival, devant un public que rien n'a sélectionné a priori.

Bref, le Klepto n'a pas déçu, sans toutefois briller de mille feux.

 

LAGGER BLUES MACHINE

Le second passage du Lagger Blues Machine a confirmé l'impression du premier : tout se passe comme si le groupe, que l'on taxe de progressif, devait en fournir la preuve à tout prix. C'est là, semble-t-il, l'explication de la désintégration (n'ayons pas peur des mots) de la Toccata de Bach. Ces gars ont le complexe dit complexe, si l'on peut dire. Tout comme fait, ce n'est pas un mauvais complexe : simplement la chenille doit devenir papillon.

ARKHAM

 

Dans le même style, mais avec une meilleure assimilation du sujet : Arkham. Ils ont pâti, au début, d'une balance mal réglée, mais tout est rentré dans l'ordre, et ils ont procuré quelques passages tellement denses et touffus que l'on oubliait même le climat tropical qui régnait. Pas de problèmes : tous trois sont d'excellents instrumentistes, qui ont en plus la faculté rarissime de savoir jouer ENSEMBLE, car ils savent s'écouter. La légèreté leur convient, particulièrement les sautillements agiles des rythmes jazzy. Naturellement, le public n'y a rien compris, d'autant plus que la fatigue commençait à faire des ravages et à décimer toute cette belle jeunesse...

 

JENGHIZ KHAN

 

Le Jenghiz Khan a réveillé tout cela. ,On connaît déjà la force vocale du groupe ; il est l'un des rares à faire de la voix un véritable instrument et non un collage artificiel. Un soupçon de démagogie avec un « bon-vieux-rock », et le public était irrémédiablement dans leur poche. Mais n'a-t-il pas raté par la même occasion la grandeur et la valeur réelle qui émanent du répertoire, original du groupe ?

 

ISAAC GUILLORY

 

Le folk-song, après avoir pris son pied avec Jenghiz, ce n'est pas l'idéal pour digérer. Pourtant Isaac est venu, il a vu un public inattentif, et fatalement il n'a pas vaincu. D'ailleurs, est-il possible de vaincre seul contre une foule qui n'est visiblement pas venue pour apprécier le caractère intimiste d'une telle musique ? Avec quelques centaines de watts, les groupes ont déjà tant de peine à se faire respecter...

MODUS VIVENDI

Ce fut alors le tour de Modus Vivendi, groupe qui vaut surtout par ses individualités, parfaitement capables de faire des solos plus qu'agréables : le violoniste, le bassiste et surtout le trompettiste. Dommage qu'ils n'aient pas plus de présence sur scène.

PHILARPOPIC ORCHESTRA

 

 

Une flûte, quatre trompettes, une guitare, une basse, deux batteries, un orgue, six saxophones, trois trombones et un chef d'orchestre : non, ce n'est pas l'harmonie de Steenokkerzeel, c'est le Philharpopic Orchestra de Georges Hayes.

 

Inédit en Belgique, voilà une grande formation de cuivres qui marche allégrement sur les plates-bandes de Duke Ellington et consorts.

 

Première observation : ce n'est pas assez fou; on voudrait des solos déments, à la perte du souffle, qui

 

 

fusent de toutes parts, de façon à ce qu'on ne sache plus où donner de la tête et - pourquoi pas ? -des pieds. Alors, le groupe profiterait à bon escient de la puissance d'un big band.

 

Parce que ce que l'on a entendu à Ciney eût été aussi bon avec UNE trompette, UN saxophone, UNE batterie. Il y avait double, triple, quadruple emploi. Quoi qu'il en soit.

 

Avec d'aussi bons instrumentistes, le groupe voit s'ouvrir toutes grandes les portes dorées d'un avenir en rose (une touche de feeling...).

 

THE TREMELOES

The Tremeloes

 

Et voici le moment attendu avec anxiété par l'A.M.B. (Assemblée des Minettes de Belgique). Voici THE TREMELOES, ces beaux garçons venus de la verte Angleterre. Les aristos du pop, en quelque sorte... Mouais... Ils sont tellement enfoncés dans leur professionnalité qu'ils semblent jouer sans y croire...

 

Tout se ressemble, tout est pâle, depuis les succès du groupe : My Little Lady, Me And My Life jusqu'aux inévitables vieux rocks. Amoncellement de bits pour pas grand chose.

 

Jean-Luc Crucifix

 

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