CHRONIQUE 1966- 1972

 

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AGENDA DES CONCERTS

Agenda des concerts rock

en Belgique - Année 1968

 

Agenda des concerts rock en Belgique - Année 1969

 

Agenda des concerts rock en Belgique - Année 1970

 

Agenda des concerts rock en Belgique - Année 1971

 

Agenda des concerts rock

en Belgique - Année 1972

 

FESTIVALS

Pop-Event à Deurne Arena 21 juin 1969

Festival Jazz Bilzen 1966

Festival Jazz Bilzen 1967

Festival Jazz Bilzen 1968

 

Festival Jazz Bilzen 1969

 

Festival Jazz Bilzen 1970

 

Festival Jazz Bilzen 1971

 

Festival Jazz Bilzen 1972

 

 

Festival de Châtelet 1966

 

Festival de Châtelet 1967

 

Festival de Châtelet 1968

Free Show Wolu Shopping Center - juin 1971

Free Show Wolu Shopping Center - octobre1971

 

Festival Actuel -Amougies

- Mont de l'Enclus 1969

 

Pop Hot Show 1 du 6 novembre 1969- Salle de la Madeleine

 

Pop Hot Show 2 du 20 décembre 1969 -Salle Newton

 

Pop Hot Show 3 du 7 mai 1970 -Moustier sur Sambre

 

Pop Hot Show 4 des 17 -18 mai 1970- Trazegnies

 

Pop Hot Show 5 du 5 septembre 1970 - Huy-Andenne

 

Cocoripop Charleroi 1971

 

Pop Circus 30 avril 1972 à Liège

 

Festival Guitare d'Or Ciney 1966 -1968

 

Festival Guitare d'Or

Ciney 1969 -1971

Rac Pop Festival 69

 

Le parapluie des vedettes

Huy 1967 - 1968

 

Island Show - Londerzeel octobre 69

 

Festival Ile de Wight

août 1970

 

Festivals à Jemelle 1969-1973)

 

Wolu City 1966 -1967-1968

 

Festival - en France

Seloncourt 18 et 19/9/1971- Pete Brown

 

GROUPES ÉTRANGERS

 

Rolling Stones Bruxelles 1966

 

Rockstars 1966-1969 in Belgium-Holland-England

 

Rockstars 1970-1972 in Belgium-Holland-England

 

Kinks en Belgique 1966

 

Who en Belgique 1967

 

Jimi Hendrix en Belgique 1967

 

Mike Stuart Span 1968

 

Fleetwood Mac en Belgique 1970

 

Genesis en Belgique 1971-72

 

Everly Brothers Roma 1972

 

Hollies et Move à Gand au Sportpaleis en 1969

 

Pink Floyd Belgique - Théâtre 140

 

Spencer Davis Group en Belgique

 

Théâtre 140 - 36Hr underground -Yes -Ten Years After - Nice

 

Tremeloes - Festival Ciney 1971

 

Cliff Richard - Marvin, Welch, Farrar -Olivia Newton-John -Anvers 1971

 

Jethro Tull - Belgique 1972

 

Golden Earring en Belgique 1971-1973

Wings - Roma 1972

DANCINGS

 

Dancings sur la côte belge - années '60

 

Wallace Collection 1968 Répétitions aux Gémeaux

 

Dancing Le Grenier Antre du rock

 

Cheetah Club, temple du rock

 

Discothèque Les Gémeaux

 

Club Dancing Le Puzzle

 

Ferme V. Story - 1965-1974

 

Le Pop and Soul

 

SALLE SPECTACLE

 

Palais des Beaux-Arts s'ouvre au rock - 1970

 

MEDIA

 

British Week à Bruxelles - 1967.

 

Culture Pop : Mersey Beat Années Hippies Flower Power - Psychedelisme.

 

Swinging London ''60

 

Show-Biz en Belgique dans les années 60

 

Pop Shop - Émission rock RTB - 1970-1973

 

Filles des années 60 - Models sixties

CHRONIQUE 1960-1965 CHRONIQUE 1966-1972 CHRONIQUE 1973-1980 LES PIONNIERS DU ROCK GROUPES ROCK
BELGES

GRAVÉ DANS LE ROCK BIBLIO - ROCK
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THE SHAKESPEARES CINEMA - SALLES
COUPS DE FILMS
LIENS
 

ROCK / ALBUM SOUVENIRS

L'ODYSSÉE DE PINK FLOYD

EN BELGIQUE

CONCERTS : 1968 - 1969 - 1972

D'après les souvenirs de Paul André et de Jean Jième

 

 

 

PINK FLOYD : UN GROUPE MÉCONNU, ÉTIQUETÉ

PSYCHÉDÉLIQUE EN BELGIQUE

 

C'est dans les années 1960 que trois étudiants en architecture, Roger Waters, Rick Wright, et Nick Mason, décident de fonder les Pink Floyd.

 

Bientôt rejoint par Syd Barrett, chanteur et compositeur génial, le groupe se forge une solide réputation en se produisant dans les colleges anglais et les clubs branchés de Londres.

 

 

Syd Barrett sera à l'origine de la majorité des titres que comportera leur premier et magistral album The Piper At The Gates of Dawn qui sort en 1967.

 

L'album fait état d'une liberté totale au niveau sonore et explore de nouveaux chemins sur le plan des arrangements et de la structure mélodique.

 

 

Mais Syd Barrett, borderline au plus haut degré, sombre peu à peu dans l'incohérence la plus totale. Enfermé dans un asile, il sera remplacé par David Gilmour.

 

A Saucerful of Secrets, leur second album sorti en 1968 fera transparaître leur formidable génie créatif.

 

Toutefois Pink Floyd mettra du temps à s'imposer et connaître des années de galère.

 

 

 

PAUL ANDRÉ, LE PREMIER À AVOIR ENGAGÉ

PINK FLOYD EN BELGIQUE

 

Paul André @ Machielsen

 

À Vilvorde, Paul André (vingt-huit ans) se découvre une passion pour la pop musique anglaise. Celle-ci se transforme rapidement en une véritable vocation. Paul n'étant ni artiste ni musicien, endosse sans complexe le rôle d'impresario. Métier toutefois interdit en Belgique !!! (*)

 

En matière de show-business, il constate que la Hollande a une bonne longueur d'avance sur la Belgique. Il va alors entamer toute une série de contacts avec diverses agences artistiques telles que celle de Paul Ackett à Amsterdam.

 

Lors de ses contacts bataves, Paul fait la connaissance de Cyriel Van den Hemel, un jeune gars qui se prétend impresario et qui lui propose - ni plus ni moins - d'engager les Pink Floyd pour plusieurs concerts en Belgique et aux Pays-Bas.

 

Paul se met aussitôt au travail et essaye de convaincre des organisateurs de faire venir le Floyd (encore assez mal connu malgré deux albums) sur les planches belges. Étiqueté psychédélique et groupe à fumette, Pink Floyd indispose les bien pensants. Dès lors aucune salle importante ne se montre disposée à l'accueillir.

 

Voilà qui explique en partie pourquoi leurs premiers engagements s'effectueront de manière discrète dans des clubs ou dans des soirées privées.

 

(*) En effet, la législation belge assimile les agents de spectacle qui touchent un pourcentage sur un artiste à des ... proxénètes !!!

 

 

La BRT, la chaîne de télévision nationale néerlandophone, semble avoir été la première à croire en Pink Floyd puisqu'elle décide de lui consacrer deux jours de tournage en vue de la réalisation d'un court-métrage d'une demie heure.

 

Après quelques jours, Paul fait le bilan : deux concerts en Hollande, deux jours de tournage à Bruxelles, une prestation pour un club d'étudiants à Louvain, une autre à Anvers au Pannenhuis et une dernière au Cheetah Club à Bruxelles.

 

Jean Jième

Jean Jième : Je connaissais Paul depuis plusieurs années.

 

Nous nous étions souvent croisés dans des sorties nocturnes sans jamais vraiment lier connaissance.

 

Rien n'aurait pu laisser prévoir qu'un jour nous travaillerions ensemble en tant que manager et agent de spectacles.

 

PREMIERS SHOWS EN HOLLANDE

 

Le 17 février 1968, Pink Floyd débarque donc en Hollande. Deux concerts les attendent la même journée. Le premier à l'Immage Club de Terneuzen, le deuxième à Vlissingen.

 

Chacune des prestations est réglée en livres sterling. Cent livres par concert.

 

J.J. : Lorsque Paul m'a proposé de l'accompagner à Vlissingen, j'ai accepté avec enthousiasme. Ce soir -là, Living Kick et Dragon Fly, deux groupes locaux, passaient en avant-programme.

 

Autant j'ai été séduit par leur double prestation, autant celle de Pink Floyd m'a laissé sceptique.

 

 

Living Kick

 

Aujourd'hui, avec le recul, je me dis que je n'étais pas prêt à apprécier leur musique trop cool, trop planante. Il faut préciser que je n'étais pas un amateur d'herbe. Sans doute, ceci explique-t-il cela.

 

Pourtant quelques jours plus tard, j'aurai reconsidéré ma position.

 

Dragon Fly @ Jean Jieme

 

 

 

LES TÉLÉS BELGES ONT EU DU FLAIR

 


Dimanche 18 et lundi 19, le groupe va passer deux jours en compagnie des techniciens de la BRT.

 

Six morceaux vont être enregistrés : Astronomy Domine, Scarecrow, See Emily Play, Apples And Oranges, Set The Control For The Heart Of The Sun, Corporal Clegg et Paintbox.

 

 

Au parc de Laeken

 

Certaines prises de vue s'effectuent en studio, d'autres, par un froid glacial, sur les vestiges de l'expo '58, sous la passerelle, près du Théâtre Américain.

 

 

Tournage près de l'atomium février 1968

See Emily Play

 

Paint Box

http://www.youtube.com/watch?v=XkMUjhF8snU

 

Corporal Clegg - TV Belge - Tienerklanken -1968

 

Le film sera diffusé le 27 février dans l'émission Vibrato (RTB) et le 31 mars dans Tienerklanken (BRT).

 

 

Le groupe passe ensuite deux jours à Paris dans les studios des Buttes Chaumont pour la captation de quatre de leurs morceaux. Le soir, José Arthur les reçoit dans son émission phare Bouton Rouge. Le jeudi , ils sont de retour en Belgique pour un show qui hélas va mal tourner et qui va laisser des traces.

 

LE SHOW QUI A MAL TOURNÉ

Rijschool - Louvain - Jeudi 22 février

 

Nick Mason © Jean Jieme

 

 

LE TRAQUENARD

 

L'union des étudiants néerlandophones de la KVHB, l'Université de Louvain, a prévu une grande soirée festive dans la salle Rijschool.

 

Cet après-midi-là, les Pink Floyd s'apprêtent à partager le plateau avec le groupe belge qui monte : le Sweet Feeling et les Anglo-rhodésiens, compositeurs de la musique du Saint, les Shake Spears.

 

Le matériel des différents groupes est installé dans la Rijschool qui ressemble davantage à un hall de gare et qui doit sans doute accueillir davantage des compétitions sportives que des concerts de rock.

 

Jean Jième : Dès que le Sweet Feeling a commencé à jouer, suivi trente minutes plus tard par les Shake Spears, j'ai ressenti un grand malaise. Une atmosphère électrique régnait dans le public surchauffé, constitué d'étudiants néerlandophones de tendances radicalement différente : ceux qui ne sont pas hostiles aux francophones et ceux qui veulent les bouter hors de l'Université de Louvain. (*)

 

Pendant que le road manager de Pink Floyd mettait la dernière main au câblage du matériel, le groupe d'extrémistes flamingands, particulièrement remontés par l'alcool, s'est mis à vociférer et à lancer des insultes à l'encontre de ses congénères. (*)

 

Puis soudain, une bouteille de bière a traversé la salle pour venir s'écraser au pied du podium. Aussitôt les Sweet Feeling et les Shake Spears ont tenté tant bien que mal de planquer leurs amplis et instruments à côté du podium. Pour ma part, je me trouvais à deux mètres de Rick Wright qui, très énervé, a crié à son roadie : I don't play.

 

Nous avions tous compris que nous étions tombés au milieu d'un règlement de comptes entre étudiants qui voulaient avant tout en découdre. Dans ces conditions il était impossible de laisser jouer le groupe.

 

Mais ce n'était pas si simple. Si certains se montraient hargneux et cherchaient la bagarre, une majorité du public attendait fébrilement le passage du groupe anglais. Et puis, à cette époque, un groupe qui ne jouait pas n'était pas payé !!!

 

 

L'AGRESSION

 

On n'a pas eu le temps de se perdre en conjectures, car soudain un barbu a déboulé de nulle part, est monté sur le podium et a versé le contenu de sa chope de bière dans l'orgue de Nick Wright.

 

Je revois encore le visage consterné de Rick, ses mains tremblantes claquant le couvercle de son instrument, avant de descendre de scène pour aller trouver Paul et exiger d'être payé tout de suite.

 

J'entends encore Paul lui hurler dans l'oreille : I have asked to the president of the club to call the cops.

 

Au moment où il prononce ces mots, la double porte d'entrée se referme avec fracas et une bonne vingtaine d' excités se précipitent vers la scène, brandissant verres et bouteilles. Heureusement pour nous, l'autre fraction du public prend notre parti. La bagarre éclate. Tables et chaises (en fer) valsent en l'air dans tous les sens. On se croirait dans une scène de western.

 

Tétanisés, les musiciens, Paul et moi nous terrons derrière le podium. Les roadies des trois groupes tentent avec courage de sauver le matériel.

 

L'affrontement entre les deux blocs perd enfin de son intensité lorsque le mugissement des sirènes se fait entendre. Coups de sifflet, cavalcades dans tous les sens. Des étudiants parviennent à déloger la barre de fer qui bloque le battant des portes et les ouvrent toutes grandes. Deux half track de la gendarmerie déversent leurs hommes. C'est la débandade générale Le cauchemar se termine.

 

La fête qui aurait dû se prolonger tard dans la nuit est terminée. Elle n'aura pas duré deux heures.

 

Sur le net, les historiens de Pink Floyd indique généralement : Rijschool - show du 22 février à Leuven - concert annulé. Vous en connaissez désormais les raisons.

 

(*) Entre le le 5 novembre 1967 et le 31 mars 1968, la Belgique va vivre une grave crise politique. En cause: la flamandisation de l'Université catholique de Louvain. À l'issue de cette crise, la scission sera décrétée et l'Université répartie entre deux entités juridiquement indépendantes.

 

 

 

ALAN ESCOMBE, SE SOUVIENT

(ancien bassiste des Shake Spears)

 

Alan Escombe : We had just finished playing, and Pink Floyd equipment was being set up on the other stage (there were two stages in the hall), when the fighting started.

It was really frightening as tables which were metal were thrown from upstairs on the balcony down onto the crowd below. Glasses - everything was being thrown.

 

We locked ourselves in the dressing room behind the stage with the band Pink Floyd, and their roadies until the police came and told us it was safe to come out.

 

I will never forget that night. We managed to get out and load our van and leave before all the people came out of the hall - and the police were keeping them away from us.

 

We saw their roadies in Brussels the next day, and they told us that when the band had already left, the police went also so that when they came out there were guys waiting for them.

 

They had to fight to get their equipment in their van.

 

 

The Shake Spears - À gauche :Alan Escombe

 

When they drove out of the town they all picked up cobble stones (the big stones that were what the roads were made of in the country - I don't know what you call these in French), and then they drove back into town and threw them through the big shop windows.

 

A lot of damage.

 

 

 

 

UNE SITUATION SURRÉALISTE

 

Jean Jième : J'entendais les musiciens anglais répéter en jurant :  Fucking Belgium.

 

Pendant ce temps, Paul courrait dans tous les sens pour tenter de mettre la main sur l'organisateur du concert qui, à première vue, avait profité du tumulte pour disparaître avec la caisse. Or le pire des cauchemars pour un impresario c'est de ne pas avoir l'argent pour payer ses artistes.

 

Paul finit par repérer le trésorier de la soirée. Ce dernier ne veut rien entendre et refuse de régler le cachet. Ils finissent par s'enfermer dans un bureau pour discuter. Paul exige qu'il appelle le Président du Club.

 

 

À peine en ligne, Paul comprend que le Président est de mauvaise foi et qu'il n'autorisera pas le trésorier à régler les artistes. Il argumente que les musiciens n'ont pas honoré leur contrat. Un comble !

 

C'est ici que la situation tourne au surréalisme. Paul décide de jouer le tout pour le tout. Il feint d'avoir une conversation calme avec son interlocuteur. Il raccroche avec le sourire et lance : Voilà votre Président est d'accord. Il vous demande de m'établir un chèque.

 

Impressionné, le trésorier ne cherche pas à aller plus loin. Il rédige le chèque. Ce qu'il ignore c'est que le Président n'a jamais donné son accord. Au contraire....

 

Paul disposait d'une voiture américaine longue comme un paquebot dans laquelle j'embarquai. Et nous voilà en route pour Bruxelles.

 

Sur le chemin, on aperçoit la bagnole des Pink Floyd qui roule tous feux éteints sur la chaussée déserte.

 

 

 

 

Paul leur fait des appels de phare. Pour toute réponse, nous voyons une bouteille propulsée par-dessus le toit de leur véhicule venir s'écraser avec un bruit sec contre la façade d'une maison. La Ford de Paul arrive à leur hauteur.

 

Ce dernier se met à les enguirlander. Ma faible connaissance de l'anglais me permet malgré tout de comprendre qu'il les prévient que des patrouilles de police circulent dans les rues environnantes depuis les incidents.

 

 

David Gilmour nous regarde d'un air avachi puis éclate de rire. Roger Waters, au volant, nous tire la langue et accélére soudainement, nous laissant à nos réflexions. Leur voiture fait une embardée puis se met à rouler sur les trottoirs.

 

Cet incident rappelle une fois de plus le scandaleux amateurisme de ceux qui se permettaient de faire venir des groupes dans leurs salles ou lieux de spectacle dans des conditions indignes et même carrément dangereuses.

 

On a du mal à imaginer aujourd'hui une manifestation artistique quelconque sans un service d'ordre compétent.

 

Pour en finir avec cette histoire, le lendemain matin à l'ouverture de la banque, Paul se précipita à la Brusselsestraat pour présenter le fameux chèque. Qui fut honoré, ouf ! La KVHB n'avait pas eu le temps de faire opposition !

 

AU PANNENHUIS À ANVERS

23 FÉVRIER 1968

 

 

Des centaines de jeunes se pressent devant le Pannenhuis, petite salle du centre d'Anvers, accessible aux groupes pop. Ce soir, l'établissement connait une effervescence toute particulière. C'est que la réputation naissante de Pink Floyd a attiré plus d'amateurs que d'habitude.

La capacité d'accueil est de deux cents personnes maximum. Or cette fois, c'est plus de quatre cent fans qui tentent d'entrer.

Le groupe qui les précède s'appelle le Mike Stuart Span. Ils sont originaires de Brighton.

 

 

Jean Jième : Je ne vais pas au Pannenhuis. Mais demain j'irai au Cheetah Club à Bruxelles où je suis déterminé à écouter cette musique si étrange, aux antipodes des Beatles, des Stones, Kinks and Co.

 

AU CHEETAH CLUB À BRUXELLES

24 FÉVRIER 1968

 

Pink Floyd au Cheetah 1968

Les Pink Floyd au Cheetah - collection Piero Kenroll

 

Mike Stuart Span Span en support act de Pink Floyd @ Jean Jieme

 

http://www.mikestuartspan.moonfruit.co.uk/#

 

PINK FLOYD

Rick Wright et Roger Waters © jHdg

 

Roger Waters et Nick Mason © jHdg

 

Rick Wright © jHdg

 

David Gilmour © jHdg

 

Jean Jième : D'emblée, je suis sous le charme. La musique est étrange, envoûtante. Dans la pénombre, les musiciens fusionnent avec leurs instruments, se meuvent comme des ombres. On dirait des fantômes. Des appareils projettent sur les murs des diapos dont les plaques ont été enduites d'huiles multicolores. L'effet est saisissant. D'énormes bulles se forment, puis explosent, pour mieux renaître. Il me semble que je décolle, que je flotte dans une autre dimension. L'atmosphère paraît irréelle. C'est l'envoûtement ! En particulier quand le groupe se lance dans un Set The Controls For The Heart Of The Sun qui s'éternise. Mais, il faut se rendre à l'évidence, il n'y a pas foule pour les écouter. A peine une cinquantaine de spectateurs.

 

Flanqué d'un jeune guépard, baptisé Cheetah, le patron, arpente son bar, nerveusement. Il fait grise mine. Ce soir encore, il ne fera pas une grosse recette.

 

AU THÉÂTRE 140 À BRUXELLES

4 et 5 MAI 1968

Clic sur photo pour lire l'article

Merci à Patfraca de m'avoir fourni les scans des programmes du Théâtre 140 de mai 1968

 

Clic sur photo pour lire l'article

 

Pink Floyd au 140

L'INCROYABLE ARTICLE

D'UN "JOURNALISTE" DU POURQUOI PAS.

L'ATTRAIT DE L'ATROCE

 

( Lire texte à gauche )

CONCERT DU 4 MAI : ANNULÉ

 

Pour Paul André, une opportunité se présente sous la forme d''un souhait émis par Jo Dekmine, patron du 140. Ce dernier voudrait faire venir les Pink Floyd dans sa salle les 4 et 5 mai prochain

 

Au lieu de signer le contrat avec le manager londonien du groupe, Paul commet l'erreur fatale de traiter avec Cyriel Van den Hemel (*) qui prétend les avoir engagés pour plusieurs dates sur le continent. En fait il n'en est rien. Paul ignore totalement que le 3 mai, Pink Floyd joue  au Westfield College à Hampstead, la veille de leur passage à Bruxelles.

 

Ainsi le 3 dans la matinée, le manager de Pink Floyd téléphone à Paul pour le traiter de tous les noms d'oiseaux. Il lui apprend qu'il n'était pas au courant de la venue de ses poulains dans la salle du 140. Paul tombe des nues à son tour.

 

L'anglais veut revoir leur cachet à la hausse. Paul rétorque que c'est impossible. Alors, il exige que quatre billets d'avion soient immédiatement télexés au desk d'un aéroport local dont il transmet l'adresse à Paul.

 

En hâte, Paul court à sa banque pour débloquer le montant des billets. Ensuite, il se rend dans un bureau Sabena pour les faire transférer à l'adresse indiquée.

 

Le samedi 4 mai 1968, jour du premier concert, c'est la grande foule, au 140 avenue Plasky.

 

Jean Jième : J'étais sur place et je voyais bien que quelque chose n'allait pas. Soudain j'aperçois Paul en grande discussion avec Dekmine. Ce dernier arpente le hall de son théâtre de long en large. Il fulmine. On l'entend vociférer : "C'est une honte, c'est un scandale". Je me faufile pour me rapprocher de Paul, livide. Il me dit: "C'est la catastrophe, le groupe n'a pas pris l'avion, je ne sais pas où ils sont ?" (**)

 

 

(*) l'agent hollandais, dont il est question au tout début du dossier.

(**) Il est utile de rappeler, qu'à l'époque, le téléphone portable n'existait pas. Pareil pataquès ne se reproduirait plus aujourd'hui.

 

 

 

Dans la réalité, les musiciens n'ont pas trouvé leurs billets pour le vol jusque Bruxelles. Se sont-ils trompés d'aéroport ? L'adresse donnée par leur manager était-elle erronée ? Le fait est que le concert du 4 a dû être annulé en catastrophe.

 

 

Paul André : Dans mes souvenirs, cette journée du 4 mai demeure un véritable cauchemar. Durant les jours qui ont précédé la venue de Pink Floyd, j'avais suivi la tournée d'un groupe hollandais et je n'avais pratiquement pas eu le temps de dormir.

 

C'est dire que leur défection m'a mis K.O. et m'a brouillé à vie avec Dekmine.

 

Heureusement le lendemain Pink Floyd a débarqué à Zaventem. Pour rattraper la recette de la veille, le groupe a accepté de donner deux concerts le même jour. Et tout est enfin rentré dans l'ordre

 

 

LES PINK FLOYD LE 5 MAI
SUR LA SCÈNE DU THÉÂTRE 140

Pink Floyd au 140 - À droite Jo Dekmine, le directeur - © Erik Machielsen )

 

 

Jean Jième : En fin de matinée, le dimanche 5 mai, je suis retourné au Théâtre 140 juste avant que les Pink Floyd n'assurent leur première prestation. Cette fois, j'avais emporté mon Minolta avec moi. J'ai donc retrouvé les musiciens en train de tester leurs micros et instruments. J'en ai profité pour tirer quelques clichés de chacun d'entre eux.

Le photographe Erik Machielsen était là aussi. C'est lui qui a pris le cliché de Jo Dekmine s'intéressant à la batterie de Nick Mason.

 

 

David Gilmour © jean jième

 

David Gilmour au Théâtre 140- mai 68 © jean jième

 

 

Jean Jième: Rick Wright et Roger Waters, très zen, se faisaient face et jouaient très doucement. Idem pour David Gilmour tout seul dans son coin, semblant ignorer les autres. Nick Mason tapait sur ses peaux tout en sourdine. Pas de bruits intempestifs, pas d'énervement ! Le calme et la sérénité. On les sentait concentrés dans leur petit monde intérieur. C'était spécial, surprenant même ! Je me faufilais discrètement autour d'eux autour afin d'éviter de les perturber et de briser ces instants magiques.

 

À cet instant, je ne pouvais me douter qu'ils allaient bientôt devenir des monstres sacrés de la scène pop internationale.

 

 

Pink Floyd Theatre 140

Rick Wright et Roger Waters. Théâtre 140- mai 68 © jean jième

 

Nick Mason et derrière lui Jean Jième © Erik Machielsen

 

 

LES AUTRES DATES DE CONCERTS EN BELGIQUE

 

Le 30 mai 1968 : Concert à l'Hôtel Billard Palace à Anvers

 

Recta Club 67 – Ertvelde (Flandres-Orientale)

2 juin

 

Paul André : Décidément avec Pink Floyd je n'étais pas au bout de mes peines. J'avais signé précédemment un contrat avec l'organisateur d'une soirée festive qui devait se dérouler à Ertvelde en Flandres.

 

Ce type est-il tombé sous le charme de la musique des Pink Floyd ? A-t-il voulu se faire plaisir à titre personnel oubliant par là l'objectif de la soirée : faire danser les jeunes ? Je me pose encore la question aujourd'hui. Le fait est qu'il s'est planté et nous avec .

 

Le 2 juin, j'arrive au Recta Club à Ertvelde. Cette fois tout roule parfaitement . Les musiciens sont sur place et l'installation du matériel et des jeux de lumières s'effectue sans difficultés.

 

Dès vingt heures, les spectateurs envahissent la salle qui se remplit rapidement. Mais lorsque le groupe monte sur scène pour entamer son premier morceau c'est la consternation au sein du public.

 

Les amateurs de rock ne s'y retrouvent pas et ceux qui étaient venus pour danser n'apprécient pas du tout la musique psychédélique. Ils sont déconcertés. Pire ils détestent. Alors tout se précipite. La salle se vide aussi vite qu'elle s'était remplie.

 

J'ai eu un mal fou à me faire remettre le solde du cachet du groupe. Le trésorier entendait rejeter la responsabilité de l'échec de la soirée sur le compte des Anglais.

 

Il ne cessait de répéter : un groupe qui ne joue pas, n'a pas à être payé. Et moi de lui répéter : mais Monsieur c'est votre public qui est incapable d'apprécier leur musique. Un dialogue de sourds ! Finalement, le type a payé et on s'est tous tiré. Leur soirée s'est prolongée avec un groupe de bal local.

 

 

 

Prévu au Jazz Festival de Bilzen entre le 22 et le 25 août, Pink Floyd préféra prolonger son séjour américain de quelques jours. Néanmoins, il arriva à temps pour participer au festival de Kasterlee.

 

Le 31 août : Festival à Kasterlee (Province d'Anvers) Support Act : Mike Stuart Span.

 

La BRT a filmé leur prestation. Le film intitulé Kastival 68 est passé dans l'émission Tienerklanken le 8 octobre .

 

Interview de Roger Waters - Astronomy Domine - 1968
Extrait de l'émission nTienerklanken (octobre 68)
http://www.youtube.com/watch?v=No0uyJbJ7Lg

 

Le 8 septembre : Ils ont été annoncé erronnément au festival de Châtelet. Sans doute pour tenter d'intéresser les vrais fans de pop music. Mais le contrat n'a jamais été signé.

 

RETOUR AU THÉÂTRE 140

19 et 20 OCTOBRE 1968

1969

 

 
26 -27 -28 SEPTEMBRE 1969

 

 
 

FESTIVAL ACTUEL - AMOUGIES

25 OCTOBRE 1969

 

LA FRANCE N'A PAS ENCORE CONNU DE FESTIVAL POP SUR SON TERRITOIRE

 

Lors de l'été 69, partout en Belgique, shows, concerts et festivals se succèdent au Nord comme au Sud. À Ciney, sous chapiteau, Barry Ryan et Barclay James Harvest et le Wallace Collection font les beaux soirs de la Guitare d'Or.

 

Au festival de Jazz à Bilzen, le public découvre en deux jours Deep Purple, Humble Pie, Taste, Ainsley Dunbar, Soft Machine, Blossom Toes et les Moody Blues.

 

En septembre, toujours à Bruxelles, au Palais du Heysel, se déroule une manifestation d'envergure avec au programme : Marbles, Web, Gun, Colosseum, Eire Apparent, Heavy Weight (ex-Shakespeares et futur Fynn Mc Cool) et le Wallace encore.

 

Depuis, Woodstock en août, aux Etats-Unis et Wight en Angleterre, qui ont rassemblé à deux près d'un million de jeunes avides de musique et de liberté, chaque pays, chaque grande ville rêve d'organiser son propre festival.

 

 

 

La grande déferlante du pop-rock est en route. Et comme il l'avait proclamé, Jo Dekmine, patron du Théâtre 140, décide de passer à la seconde phase de son grand projet.

 

JO DEKMINE SUGGÈRE UN MEGA FESTIVAL SUR PARIS

 

À savoir  : réaliser à Paris un méga festival réunissant quelques grandes pointures du rock international.

 

Son idée est toute simple : mettre dans le coup Pierre Barouh, son producteur Fernand Boruso et sa société Saravah, devenue célèbre après le succès mondial de Chabadabada tiré du film de Lelouch Un homme et une femme.

 

Il en parle à Jean-Noël Coghe, journaliste aux revues Rock and Folk, Best et Extra et qui avait participé activement au Pop Event.

 

De plus, ce dernier est copain avec Piero Kenroll qui vient à peine d'être enrôlé dans la rédaction de l'hebdo Télémoustique.

 

Lire la suite : L'histoire complète du festival racontée heure par heure

Pink Floyd - Rock'n Folk

 

Pink Floyd - Mont de L'Enclus (Actuel Festival) - Amougies, Belgium

 

Pink Floyd - Roger Waters - Amougies 1969

Pink Floyd - Nick Mason -Amougies 1969

 

 

 

Dates concerts en Belgique

 

1972 - 05 décembre - Forest-National - Bruxelles


LIRE : 1977 - 20 février - Palais des sports d'Anvers


1989 - 13 mai - Festival de Werchter, Belgium


1994 - 02 septembre - Festival de Werchter, Belgium

 

 

Liste de tous les concerts de Pink Floyd

http://www.brain-damage.co.uk/concert-dates/1968-tour-dates-concerts.html