THE SHAKESPEARES

 

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Retour sur l'index Shakespeares

 

Chapitre 1 : Les débuts du groupe. Son arrivée en Belgique. Le chanteur Brian - Martin Pigott et Chris Stone

 

Chapitre 2 : Les English restent en Belgique - 1967

 

Chapitre 3 : Sortie de Burning My Fingers

Les Shake Spears changent leur nom en Shakespeares

 

Chapitre 4 : How does she look - Tournage Clip à Knokke

 

Chapitre 5 : Février 1969 les Shakespeares quittent la Belgique

 

Alan Escombe vit aujourd'hui à Byron Bay (Australie)

Son fils Luke est à l'aube d'une carrière internationale.

 

 

 

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THE SHAKE SPEARS ( SHAKESPEARES)

Biographie officielle par Jean Jième, avec la collaboration de Alan Escombe

CHAPITRE 1 : LES DÉBUTS - 1965 - 66

Les SHAKE SPEARS inaugure l'ouverture du TWENTY CLUB

(ancien Relais de la poste à Mouscron -Septembre 65.

 

 

THE DYNAMICS

A l'origine, le groupe se compose de Chris Kritzinger : guitare solo et voix - Perry Jordaan : guitare rythmique et voix - Calvin Coleman : guitare basse et voix - Johnny Kreuger : batterie.

 

En 1963, The Dynamics, un groupe d'origine Rhodésienne (actuelle Zambie), se produit avec succès dans les grandes villes du pays. Leur notoriété grandissante leur permet d'acquérir une salle de spectacle qu'ils ouvrent sous le nom de The Dynamic's Club. Fréquenté par le milieu du show-business, le club accueille des personnalités de la télévision et du théâtre qui les incitent à voyager afin de se faire connaître à l'étranger.

 

1964. The Dynamics effectuent un voyage en Europe. Ils passent par différents pays avant d'atterrir en Belgique.

 

Contacté par Albert Van Hoogten propriétaire de la firme discographique Ronnex Records ceux-ci ne tardent pas à signer un contrat d'une année avec lui.

 

Ainsi Van Hoogten devient-il à la fois leur manager et leur producteur. Toutefois il y met une exigence celle de changer leur nom. Et il a sa petite idée à ce sujet.

 

SHAKE SPEARS - JAVELOTS EN MOUVEMENT

Etant donné les origines afro-anglo-saxonnes du groupe, Albert leur propose un jeu de mots basé sur le nom du célèbre dramaturge Shakespeare. Il trouva amusant de mélanger les mots shake (danse très populaire du moment) avec spears, qui signifient lances en anglais.

 

On ne saura jamais si Albert s'est laissé bercer par l'exotisme zoulou propre à l'Afrique du Sud. Il faut dire qu'en 1964, un film faisait la une de l'actualité: Zulu de Cy Enfield avec Stanley Baker. Bref, les Dynamics se transforment en Shake Spears, ce qui se traduit en français par "les lances en mouvement". Voilà le grand poète anglais mis à la sauce rock des années 60.

 

Les tractations commencent. Les musiciens marquent leur accord pour le changement de nom et pour le fait de rester en Belgique pour une période d'un an minimum.

 

 

 

 

En contrepartie, ils obtiennent l'assurance d'obtenir un permis de travail, des engagements réguliers sur scène et l'assurance de sortir trois à quatre 45 tours. Van Hoogten est persuadé de tenir les bons chevaux et les envoie aussitôt en studio. Ce dernier n'en est d'ailleurs pas à son coup d'essai. Il a déjà agi de la même manière avec le groupe canadien Les Têtes Blanches.

 

C'est sous leur nouveau nom que les Shake Spears sortent consécutivement trois 45 trs, dont Shake it over, Do that again, Garden of Eden, Nossi Dan et Don't play funny games. Ils sont aussitôt favorablement accueillis par les radios et entrent dans le hit parade.

 

Shake it over Shake Spears

 

Tenu au courant de leur succès grandissant sur le Continent, l'éditeur-compositeur Bill Crompton, s'intéresse à leur carrière. Il les contacte et leur propose de venir à Londres pour travailler sur ses propres compositions. Il s'engage ensuite à les sortir en 45 tours sous le prestigieux label de EMI. Bien entendu les musiciens acceptent.

 

Mis devant le fait accompli Albert Van Hoogten a bien du mal à leur interdire de partir.En février 1965, le groupe traverse la Manche.

 

Garden of Eden Shake Spears

 

 

EXIT ... CALVIN COLEMAN,

 

 

HELLO ... ALAN ESCOMBE

 

 

ALAN ESCOMBE

Alan Escombe

 

Quelques semaines après leur arrivée à Londres, contre toute attente, le bassiste Calvin Coleman décide d'émigrer au Canada. C'est Alan Escombe qui le remplace. Dès le lendemain, Bill Crompton emmène les Shake Spears au Regent Sound Studios pour l'enregistrement de deux morceaux. Là, il leur fait la surprise de leur adjoindre deux voix supplémentaires, celles de Gene Latter et de Linda Millington. La face A  This is the end sera chantée par Gene Latter et la face B  It hurts me par Linda Millington.

 

Mais le contrat que les Shake Spears ont signé avec Ronnex Records les empêche de sortir le single sous leur nom. C'est pourquoi les Shake Spears deviendront le temps de ce 45 T Teeny, Tony and The Bush Babys. Un tour de passe-passe signé EMI.

 

Qu'à cela ne tienne, les six prochains mois, les Shake Spears reprennent leur identité et c'est sous leur véritable nom qu'ils se produisent tous les mardis et jeudi soirs dans un club important d' Earls Court à Londres. Le succès est au rendez-vous au point que certaines soirées, plus de sept cent personnes se pressent comme des sardines pour les écouter. EMI leur assure une promotion du tonnerre en les envoyant sur le podium du fameux FAB 208 Club, dont le propriétaire n'est autre que Radio Luxembourg. En fait ce show est une récompense octroyée par la station radio aux groupes qui furent les plus sollicités sur ses antennes dans le cours de l'année 1964.

 

Epoque bénie, dont Alan se souvient, avec un petit pincement au cœur : «  This was a very successful time ». D'autant plus que se succèdent au FAB 208 Club, les Kinks, les Rolling Stones et un groupe underground très populaire les Undertakers.

 

 

 

RON PATTON AU SAXON

 

Un soir, un saxophoniste australien s'approche de la scène et leur demande s'il peut les accompagner sur quelques morceaux. Sa manière de jouer les ravit. Et lorsqu'il leur annonce qu'il se joindrait volontiers à eux, il est engagé sur le champ. Il s'appelle Ron Patton. Il est à Londres depuis quelques semaines après avoir fait un tour du monde avec Roy Orbison.

 

Des dissensions vont bientôt surgir entre Bill Crompton et les musiciens. En effet, ceux-ci se voient contraints de n'interpréter que les chansons écrites de sa plume.

 

Au détriment des autres compositions que signe régulièrement le leader du groupe, Chris Kritzinger.

 

 

 

Il semble également que la répartition des droits d'édition ne se fasse pas très correctement. Bref, la confiance est ébranlée.

 

Depuis le départ, que ce soit avec les Dymamics et plus tard avec les Shake Spears, Chris et les autres se sont toujours entendus pour mettre leurs idées en commun et combiner ensemble leurs propres arrangements… dans l'harmonie et le respect de chacun.

 

En outre, il s'avère que la chanteuse Linda Millington se révèle de moins en moins fiable. Cela fait beaucoup. Le groupe décide de s'en séparer au grand dam de Bill Crompton, qui en est le manager.

 

 

Shakespeares Belgique

De g. à droite : Kris Kritzinger, Ron Patton, Gene Latter, Perry Jordaan,

Johnny Kreuger, Alan Escombe (photo Joseph Dresse)

 

 

C'est ainsi qu'en juin 1965, le groupe décide de regagner la Belgique pour assurer les galas que leur a concocté Van Hoogten.

 

De retour à Bruxelles, les musiciens prennent le chemin des studios Decca pour y enregistrer deux chansons écrites par Kris Kritzinger et Gene Latter, respectivement : (Do the) Shake Spears et Give it to me. Au début, le producteur se montre réticent.

 

Il ne voit pas d'un très bon œil l'arrivée de deux nouveaux musiciens. En effet, il compte déjà ce que lui coûtera la prise en charge de deux têtes supplémentaires. Mais à l'écoute des résultats, Van Hoogten est vivement impressionné.

 

De plus, en spectacle, Gene Latter est vraiment une bête de scène, une sorte de chanteur-danseur à la James Brown. Pour la saison estivale, le groupe se produit dans un club de Blankenberge, La Cave, située à front de mer.

 

C'est alors qu'ils reçoivent une offre intéressante du quotidien national Het Laatste Nieuws qui propose de les sponsoriser dans le cadre du Gouden Micro une imposante compétition d'orchestres rock dont la grande finale se tiendra en septembre au Palais des sports d'Anvers.

 

 

 

 

GOUDEN MICRO - 12/09/1965

La grande finale du Gouden Micro - Sport Paleis - Anvers - 1965

 

 

 

Gouden Micro 65

 

 

Les 11 et 12 septembre 1965, se déroule la quatrième édition du Gouden Micro au Sport Paleis d'Anvers.

 

Le quotidien Het Laatste Nieuws, qui patronne toujours cette grande compétition d'orchestres, fait à nouveau appel aux Shake Spears qui passent en vedettes avant The Animals.

 

Signalons également la brillante prestation du Sylvester's Team.

 

C'est au cours de cette nuit mémorable, qu'une version rock instrumentale de The Saint sera enregistrée en live.

 

THE SAINT LIVE

http://www.youtube.com/watch?v=x64KdDIL5tw

 

Alan Escombe 2009Alan Escombe - 2009

Dear Jieme. Again I am extremely impressed with your work on the website with the biography of Sylvesters Team and Wallace Collection. Strange that The Shakespeare's path crossed with these guys several times but we never really knew them (although their drummer, Freddy,  came in to listen to our rehearsals at the Si Be Mol in Brussels when The Shakespeares were still with Kris Kritzinger, Johnny

and just when Chris Stone came into the group. The drummer was always boasting about all the "vedettes" he knew, but when we asked him to join in and play (jam) with us he was ... lost. I think he was embarrassed.

 

The year they won the Gouden Micro we were the afternoon "vedette" attraction, and the Animals were the evening "vedette" attraction. I wonder if Sylvain remembers this ? Gene Latter and Ron Patton were in the band then, and we also had two girl dancers so that when we played Do The Shake Spear, they could dance with Gene. It was on that show that Belgian radio recorded The Saint live which we released as a single. (A minor mistake - The Animals had already recorded and released We gotta get outta this place before the show at the Gouden Micro - it was already a hit in Belgium. Before the show Gene Latter, Ron and myself spent the early afternoon getting pretty drunk with Chas Chandler and Eric Burdon at a hotel in Antwerp. Albert van Hoogten was not at all happy as he thought we wouldn't be able to play !

 

The next time we saw the drummer from Wallace Collection was at The Rock and Roll Circus in Paris. We (Fynn McCool) had been playing there the night before them and this is at the time that I was living in Paris in St.Germain-des-Prés in 1970, or maybe early 1971. I can't exactly remember.

 

Mail envoyé le 31/3/2009 par Alan Escombe après lecture de l'article sur le Sylvester's Team

 

RETOUR VERS LES STUDIOS : THE SAINT : UN HIT

http://www.zshare.net/audio/150751352b656df1/

 

Stop playing that song

Puis en octobre sort The Saint.

 

On se rappellera que c'était l'indicatif d'une série télévisée fort prisée (avec le très British Roger Moore), qui avec le temps, deviendra une série culte.

 

Cette brillante adaptation instrumentale est la résultante d'un savant dosage de sax, de distorsion guitare, agrémenté d'un moog synthétiseur. Le disque devient un hit.

 

The saint 1965
Discography Shake Spears Discography Shake Spears

 

(Magazine Juke Box N°111 - 1° janv 1966)

 

 

Eric Vincent, journaliste, décrit sa rencontre avec les SHAKE SPEARS dans le magazine Salut Les Copains

 

«  Il y a des dimanches après-midi parfaitement sinistres, notamment lorsque le temps contribue à la tristesse par une grisaille persistante.

 

Dans ces cas-là le meilleur moyen de lutter contre le spleen est d'aller écouter dans un club réputé sympa une formation la plus rock possible. Justement au « Stere Dancing Club » de Louvain, en ce dimanche taré de février, la foule très jeune et très dense se souciait fort peu du vent et de la pluie car les centaines de décibels de musique qui s'échappaient des baffles étaient générateurs de la meilleure excitation : les SHAKE SPEARS se produisaient sur le podium.

 

La musique des SHAKE SPEARS est puissante, musclée, "swinguante", agressive.

 

Je découvrais, « en direct », personnellement, ce groupe qui m'avait frappé récemment par une excellente composition instrumentale « THE SAINT ».

 

Pour ne rien vous cacher et sans nier en quoi que ce soit la qualité artistique de ce morceau, je supposais plus ou moins qu'il avait été réalisé avec le bénéfice de quelques artifices techniques.

 

En réécoutant en direct ce thème de rhytm and blues, à Louvain, j'ai tout de suite compris, grâce à l'exacte identité de l'interprétation, que les SHAKE SPEARS sont d'excellents musiciens.

 

Mieux : des créateurs. Ils ont su innover une sorte de couleur très excitante par une habile alliance des sons guitare-solo-saxophone »

 

1966 - SUMMERTIME ... AUTRE GROS SUCCÈS

 

Les trois mois qui suivent sont intenses. Le groupe joue jusqu'à six fois par semaine. Outre la Belgique, The Saint est distribué en France, Hollande, Allemagne et Scandinavie. Van Hoogten les presse de sortir un nouveau disque. En janvier 1966, ils repartent en studio et enregistrent l'un de leur plus grand succès , une version ska de Summertine. Il en sortira de nombreuses versions partout dans le monde. Elles sont toujours jouées aujourd'hui plus de quarante ans plus tard.

 

Discography Shake Spears
Discography Shake Spears

 

Tout irait pour le mieux si Gene Latter n'était atteint du syndrome de l'Angleterre. Il faut préciser qu'il y a laissé sa tendre épouse. Celle-ci essaie autant qu'elle le peut de venir le rejoindre régulièrement à Bruxelles. Mais comme le groupe est en tournée permanente ses visites se révèlent bien frustrantes . C'est ainsi qu'en février 1966, Gene afin d'éviter le naufrage de son couple décide de rentrer à Londres.

 

A peine rentré en Angleterre, Gene Latter s'installe dans un appartement qui jouxte celui de Eddie Grant (The Equals). Il les entend jouer dans leur garage et décide de les promotionner. Grâce à ses nombreux contacts dans le show biz, Gene les introduit dans le milieu. Il les prend même en management et les aide à réaliser leur premier single. On connaît la suite avec le succès planétaire de Baby Come Back.

 

L'AUSTRALIE

 

SKYLINE LOUNGE – SURFERS PARADISE

 

Deux semaines après cet événement, les Shake Spears participent à un grand show organisé par le Royal Automobile Club de Belgique. Après leur prestation, ils sont abordés par Frank Delfosse, talent-scout qui a bien connu Ron Patton, lorsque ce dernier faisait encore partie des Col Joy and the Joyboys, un groupe très connu en Australie. (On sait qu'ensuite Ron était parti en tournée avec Roy Orbison). Or voilà que Frank le retrouve….chez nous à Bruxelles. Décidément que le monde est petit !

 

Il se dit époustouflé par le punch des musiciens ainsi que par leurs qualités vocales et leur propose un contrat de trois mois sur la côte Australienne, au Skyline Lounge dans la localité côtière de Surfers Paradise (dans le Queensland). Un contrat très bien payé !

 

Les musiciens demandent quelques jours de réflexion afin d'en référer à leur manager. Mais dès le lendemain, à leur grande surprise, ils reçoivent un coup de fil de Delfosse qui, à peine embarrassé, leur apprend qu'il a déjà réservé six tickets d'avion. Plus question de reculer.

 

Mis devant le fait accompli, Van Hoogten, apprécie peu la nouvelle proposition. Toutefois, comme la première fois, il finit par accepter de les laisser partir aux conditions suivantes  : que le séjour ne dépasse pas trois mois, qu'aucun titre ne soit produit en Australie sous un autre label que celui de Ronnex Records et pour lesquels il garde de toute façon l'exclusivité sur les droits d'édition.

 

Arrivés au Skyline Lounge, les Shake Spears découvrent un établissement immense et ultra chic , capable d'accueillir quinze cent personnes pour des nuits effrénées.

 

Le deal est le suivant : quatre soirs de boulot suivis de trois jours de repos. A chaque prestation, ils font le plein. Il faut dire qu'ils bénéficient d'une campagne de pub du tonnerre. En effet, une fois par semaine, le vendredi matin, le Club diffuse sa propre émission sur les ondes et passe les leurs meilleurs morceaux en life.

 

Ce matraquage intensif les fait connaître dans toute la région et amène de plus en plus de public. Alan se rappelle qu'à chaque week-end des caravanes entières de bagnoles arrivaient sur le parking du Skyline Lounge, dans de grands crissements de pneus… après des centaines de kilomètres de trajet.

 

Devant ce succès inespéré, le patron du Club, les invite à prolonger leur contrat au-delà des trois mois. Comme les conditions financières sont revues à la hausse, le groupe engage quatre go-go girls et s'offre un nouveau chanteur du nom de Doc Jones.

Finalement, c'est au bout de neuf mois que les Shake Spears décident de reprendre l'avion pour la Belgique.

 

Doc Jones, qui connaît un joli succès depuis qu'il s'est fait connaître avec le groupe décide de rester dans le Queensland. Idem pour Ron Patton, enfant du pays.

 

 

Brian and the Shake Spears Bruxelles

De g. à dr: Perry Jordaan, Kris Kritzinger, Johnny Kreuger, Alan Escombe

et Brian Bastow (photo J.Dresse)

 

 

BRIAN BASTOW, NOUVEAU CHANTEUR

 

La nuit qui précéda leur retour en Belgique, les musiciens décident de fêter leur départ dans un petit club de Surfers Paradise. Ils y découvrent un jeune chanteur à la voix particulièrement chaude qui, avec son band local, interprète des covers de Roy Orbison, des Hollies et autres PJ Proby.

 

Au bout de la soirée, les Shake Spears lui lancent : il nous manque un chanteur, si tu veux, tu peux nous accompagner en Belgique. C'est ainsi que naquit une collaboration entre le groupe et leur nouveau chanteur Brian Bastow.

 

 

Brian Bastow © J. Jième

 

A peine le temps de déposer leur valise et de souffler, les musiciens sont attendus de pied ferme au Studio Madeleine. Van Hoogten est pressé.

 

Il veut absolument sortir un nouveau titre. Chris Kritzinger, impressionné par Yesterday, compose alors une chanson soutenue par un quartet constitué de violons, violoncelle et alto. Son titre : Candle.

 

Pour la face B, le groupe décide de reprendre une ancienne composition de Otis Redding qui n'est jamais sortie en Belgique, Shake.

 

Contraste saisissant avec la face A. puisque la musique repose quasi exclusivement sur une section de cuivres : trompettes, trombones, sax ténor et baryton.

 

Mais pour la face B, le producteur va commettre une lourde erreur d'appréciation. Au lieu de garder le titre original, Shake, il va lui substituer celui de Jerk, une nouvelle danse à la mode du moment.

 

Les musiciens tentent en vain de lui faire comprendre que le titre choisi par Otis n'a rien à voir avec la danse qui fut à la mode quelques années auparavant. Au terme de pas mal de discussions inutiles, le single sort sous le nom de Candle/Jerk au lieu de Candle/Shake.

 

 

 

 

Résultat ? Le disque ne connut pas le succès escompté. Quelques mois plus tard le 45 trs, Shake, d'Otis Redding était distribué en Belgique et connaissait un beau succès. Lors de cette séance d'enregistrement, il apparut que si Brian était doué pour s'adapter au son et au style de certains chanteurs, il perdait complètement les pédales en face d'un morceau original.

Or toutes les compositions du groupe étaient faites maison. Comme quoi, une jolie voix ne suffit pas ! Encore faut-il qu'elle trouve sa véritable personnalité.

 

En public, le problème se posait également. Autant Tom Jones et PJ Proby étaient-ils reproduits dignement, autant cafouillait-il dans les originaux écrits par Kritzinger. Brian n'aurait peut-être jamais dû accepter la proposition des Shake Spears, faite dans la hâte, la veille de leur départ d'Australie ?

 

Brian Bastow © Erik Machielsen

 

 

 

PERRY JORDAAN S'EN VA !

 

Mais, les Shake Spears se retrouvent face à une seconde difficulté. Depuis leur escapade en Australie, les choses ont évolué en Belgique, dans le milieu des boites de nuit, dancings et autres types d'établissement.

 

L'euphorie de la vague musicale anglo-saxonne s'est mise à déferler au point d'engendrer une concurrence de plus en plus sauvage.

 

Pour être certains de faire salle comble, les patrons de salle consultent les hit-parades et n'engagent plus que des groupes qui ont au moins un tube à leur actif.

 

Et comme, aucune sono ne peut rivaliser avec la présence de vrais musiciens, ils engagent des orchestres de bal qui eux joueront volontiers de cinq à six heures durant.

 

Désormais, les Shake Spears ne sont plus les seuls musiciens anglais de Belgique. Pour continuer à gagner leur vie, ils vont devoir allonger leur répertoire et ainsi interpréter de plus en plus de covers.

 

De groupe d'attraction uniquement, ils glissent ainsi insidieusement dans le piège du groupe de bal, taillable et corvéable à merci.

 

Perry Jordaan est le premier à s'en plaindre et à regretter le Skyline Lounge de Surfers Paradise. Le groupe réalise qu'il est en train de perdre son identité.

 

Un beau matin, Perry craque et annonce qu'il repart pour l'Afrique du Sud pour y rejoindre sa famille qu'il n'a plus vue depuis deux ans. C'est un vieux de la vieille qui s'en va. Ce ne sera pas le dernier.

 

CHRIS STONE... alias SOX

 

Pour remplacer Perry, Alan songe immédiatement à Chris Stone, qui a fait partie comme lui, entre 1961 et 63, d'un groupe Rhodésien baptisé The Phantoms.

 

Lorsqu'Alan est reparti vivre à Londres, pour participer en tant que bassiste au groupe des Shake Spears, les deux copains se sont retrouvés, un an plus tard.

 

 

 

Chris Stone Sox

Chris Stone alias Sox

 

Chris est souvent venu les voir jouer dans les clubs. Quoi de plus naturel que de lui offrir une place au sein du groupe ? A peine contacté, celui-ci arrive à Bruxelles par le premier vol, en mars 1967.

 

Il ne lui faut pas plus d'une semaine de répétition pour maîtriser leur répertoire au grand complet.Si bien que ceux-ci ne perdent pas un seul contrat et jouent dès la semaine suivante. Pour éviter toute confusion de prénom entre Chris Kritzinger et Chris Stone, ce dernier se fait appeler Sox.

 

Egalement compositeur, Stone propose I'm gonna love you qui deviendra la face B d'un single, enregistré chez Ronnex. Plus tard, ce titre sera repris par Brian Bastow, lorsqu'il entamera sa carrière de chanteur solo. D'autres enregistrements suivent : Ma-Pah (C. Kritzinger et A. Escombe) et Our Life (C. Stone, C. Kritzinger et A. Escombe).

 

 

 

 

LE DIVORCE AVEC BRIAN

 

Les choses ne s'arrangent pas avec Brian Bastow. Il devient de plus en plus évident que Brian a tout d'un crooner et beaucoup moins d'un rocker. Les Shake Spears en parlent à leur producteur. Pour Van Hoogten, c'est très simple !

 

Il apprécie Brian et entend le garder sous contrat. Il va donc lui proposer de chanter des ballades ainsi que des adaptations de covers et ce, exclusivement pour le marché belge. Van Hoogten a vu juste, car dès l'enregistrement de Poinciana, Brian entre aussitôt dans le hit parade.

 

Les Shake Spears sont en panne de chanteur. Chris Stone a un candidat à leur proposer. Un certain Martin Piggot. Il est anglais, vit à Londres et est présenté comme un excellent chanteur. Le groupe délègue à Sox le soin de le faire venir à Bruxelles.

Brian Bastow

Johnny Kreuger, Chris Stone, Alan Escombe,

Brian Bastow et Chris Kritzinger.

 

DISCOGRAPHIE BRIAN BASTOW

 

La carrière de Brian se poursuivra avec une dizaine de 45 tours, dont notamment Give and take qui lui vaudra un beau succès en Flandres.

 

Brian (Bastow) and The Hi Five : Ponciana / Do dum dum, 07/1967, 1.378 - Brian : Look at me (Wreck of a man) / I'm gonna love you, 1968, 1.382 - Give and take / And I love her---> (s) Lennon-McCartney, 1968, 1.385 - Come back girl / If I had my way, 07/1968, 1.388 - Too late for tears / I will stay, 1969, 1.395 - Cara-Lin / Time, 03/1969, 1.398 - The girl who plays the bass guitar / Half hearted, 1969, 1404 - Money and love / Just a little bit more, 1970, 1415 - The rainmaker / World of evergreen, MCA, 1970 et une réédition de I'm gonna love you / Give and take, 1978, 1453. - Ronnex Records / Ronnex sauf indiqué (MCA, 1970).

 

(Infos et pochettes fournies par Stephan Koenig).

 

 

MARTIN PIGGOT, LE SUCCESSEUR

 

Martin Clarke

 

Avec Martin, le groupe retrouve une nouvelle pèche. Le nouveau chanteur est surpris, à juste titre, de constater qu'une grande ville comme Bruxelles, compte aussi peu de clubs susceptibles de les engager pour des shows d'une durée d'une heure (ou deux). Comme c'est monnaie courante en Angleterre, même dans la plus petite ville. Et que dire de la Flandres et de la Wallonie, qui ne leur proposent que des prestations de cinq à six heures !

 

A l'instigation de Martin et de Sox, les deux derniers fraîchement débarqués de Londres, se crée un front de résistance à l'égard de Van Hoogten. Mais ce dernier, est avant tout un producteur de disques. Il n'a guère le temps de s'occuper de leur promotion sur scène, ni d'organiser des concerts.

 

Comme il a signé un contrat garantissant du travail à ses artistes, il se débarrasse du problème en déléguant à des agents de province le soin de leur trouver des contrats. Des contrats de bal de six heures d'affilée. Martin ne tarde pas à s'érailler la voix et tempête de plus belle.

 

Et comme le contrat signé, quelques années plus tard avec Albert, arrive bientôt à échéance, artistes et producteur décident de ne pas le renouveler. Ils se quittent bons amis. Une page se tourne.

 

 

 

 

Chapitre 2 : Les British restent en Belgique