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ELVIS : LAST TRAIN TO MEMPHIS ET CARELESS LOVE

Un article de CHRISTIAN NAUWELAERS

Dans le monde foisonnant des livres sur le rock, la biographie en deux volumes du King Elvis par Peter Guralnick recèle en quelque sorte les Tables de la Loi du genre. Un véritable événement, salué par une presse internationale unanime et des personnalités comme Dylan ou un autre Elvis: Costello. Last train... date de 1994 (sortie française 2007) et Careless Love de 1999 (2008 au Castor astral). La valeur a ici attendu le nombre des années... Deux briques de 595 et 857 pages respectivement ! Sans un gramme de mauvaise graisse, de développements plus ou moins abusifs qui permettent à tel ou tel auteur nombriliste de vampiriser son sujet.

 

 

ELVIS PRESLEY : Tome 1 - LAST TRAIN TO MEMPHIS

 - LE TEMPS DE L'INNOCENCE (1935 - 1958)

de Peter Guralnick - chez Castor astral éditeur. 

 

 

 

La passion et la rigueur de Peter Guralnick (un fou de rock and roll, de blues et de rhythm and blues depuis la fin des années 50 à Boston) empêche ses oeuvres de tourner aux pensums verbeux voire hermétiques; au contraire, Guralnick est un des auteurs qui a élevé le standard moyen des meilleurs livres musicaux à des hauteurs quasi vertigineuses. Cela grâce à un travail de recherche et d'innombrables interviews, dûment recoupées.

 

Guralnick nous prend littéralement par la main pour suivre, pas à pas, la trajectoire d'abord très humble, puis de plus en plus hors du commun d'Elvis Presley. Les premières années, à Memphis, nous font découvrir un adolescent encore innocent, naïf, fou de musique, un peu décalé parfois par rapport à son entourage, et infiniment attachant en tout cas. Dans son apprentissage musical, les faits parlent d'eux-mêmes. Le biographe donne enfin leur place aux méconnus Statesmen, un quatuor gospel adoré par le jeune homme... aussi blanc et caucasien que Presley lui-même. Leur chanteur à voix de basse, Jim Wetherington, «...agitait ses jambes, faisant gonfler le tissu pailleté de son pantalon».  Les mouvements lascifs voire obscènes de ce Big Chief (son surnom) déplaisaient aux prêcheurs.

 

Souverainement, c'est le cas de le dire... comme le futur King quelques petites années plus tard. Et voilà un maillon de plus, essentiel, dans la genèse de l'art d'Elvis. Outre l'influence évidente de nombreux chanteurs de blues et rhythm and blues (d'Arthur Crudup au méconnu Roy Hamilton - un de ses favoris - à Fats Domino, un de ses préférés), Presley s'est tout autant nourri de formations blanches, avec aussi les Blackwood Brothers dont JD Sumner, la voix de basse, devait rejoindre Elvis en novembre 1971, avec son groupe les Stamps.

 

On pulvérise ici le vieux classique des ayatollahs qui, dès les années 50, ont toujours accusé Elvis d'avoir «tout piqué aux Noirs» ! En oubliant avec autant d'ignorance que de mauvaise foi l'apport essentiel de musiques blanches comme le hilbilly et le crépitant western swing à l'émergence de ce style fascinant, le vrai Rock and Roll. Celui des Blancs du moins.

Et encore... Des gens aussi essentiels que Chuck Berry ou BB King n'ont jamais fait mystère de certaines de leurs dilections musicales blanches. Rien ou presque n'a échappé à Guralnick, amoureux de son sujet mais pas hagiographe sans nuance.

 

 

 

LES LIENS D'ELVIS

 

Outre ses liens familiaux et amicaux, et les premières petites amies, dont Dixie Locke et Anita Wood (Natalie n'a fait que passer en un éclair), les rencontres et collaborations essentielles y sont disséquées avec précision et honnêteté: Sam Phillips, Marion Keisker, Scotty, Bill et DJ Fontana puis les autres musiciens, et toutes celles et ceux qui ont eu un rapport, même parfois très épisodique ou ténu, avec Presley. Aussi Leiber et Stoller, le «couple» de fous du rhythm and blues, des «nègres blancs» pas convaincus par Elvis au départ. Honteusement virés par un Parker dont le mauvais versant commença alors à apparaître. Guralnick a eu accès à des archives privées des EPE (Elvis Presley Enterprises), avec un véritable trésor de guerre de correspondances, de contrats et autres documents divers qui nous permettent de connaître tout l'aspect purement «business» de sa vie. Ce qui pose un baume sur un regret du lecteur et de Guralnick.

..

LES DEUX PARKER

 

Un seul interlocuteur encore en vie lors des recherches incessantes de l'auteur sur son glorieux sujet a refusé toute entrevue sérieuse avec lui. Vous l'aurez deviné: feu le (faux) Colonel, un personnage à l'ambiguïté totale. À l'issue de ces nombreuses heures de lecture palpitante en compagnie d'Elvis et de tous les satellites de son univers à jamais mythique, il est difficile de décider si Tom Parker a apporté plus de mal que de bien à son poulain, ou le contraire. Sans lui, il n'est pas sûr que l'ascension fulgurante de Presley eût été la même. Mais que de contraintes ensuite, que d'éloignement progressif des soucis d'excellence artistique, qui étaient une obsession d'Elvis dans toutes ses premières années au moins. Et - semble-t-il - par intermittence, à partir du déluge de films dispensables des années 60 et 70. Il y eut un autre Parker dans la vie d'Elvis: Ed, son professeur de karaté !

 

UNE PHRASE HISTORIQUE - GRANDEUR ET DÉCHÉANCE

 

Une influence beaucoup moins importante dans son parcours artistique, mais qui compta fort pour lui, fut Larry Geller, le coiffeur qui réussit à placer Elvis sous une sorte de joug «spirituel», à la grande colère des autres proches évidemment !  Peter Guralnick a précieusement recueilli d'innombrables témoignages de seconde main, dans des foules de sources. À commencer par la première «vraie» tentative, publiée de son vivant en ce qui concerne l'édition originale:  Elvis A biography de Jerry Hopkins (1971).  Un best-seller à l'époque, mais pas aussi fouillé que l'ouvrage monumental qui nous occupe ici. Sans oublier d'innombrables publications américaines et anglaises.

 

Comme le premier journal au monde qui a imprimé le nom d'Elvis Presley dans ses pages, dès juillet 1954 : le

Memphis Press-Scimitar, à qui Elvis accorda maintes interviews, réelles et non fictives, par la suite.

 

Une belle «prise» de Guralnick, qui attrape les mythes dans le filet de sa rigueur: les VRAIES circonstances d'une certaine déclaration semi-apocryphe de Sam Phillips, reservie sans discernement, au fil des décennies, par des scribes sans ambition d'investigation aucune.

 

Vous la connaissez, cette rengaine de Sam Phillips disant: «Si je trouvais un Blanc qui chante comme un Noir, je gagnerais un million de dollars.» (Chiffre variable selon les versions!) Sa fidèle collaboratrice, et toute première découvreuse d'Elvis (en 1953), Marion Keisker, n'a jamais avalisé cette fable; même si on a pu prétendre le contraire.

 

ELVIS PRESLEY : Tome 2 - CARELESS LOVE - AU ROYAUME DE GRACELAND (1958 - 1977)

de Peter Guralnick - chez Castor astral éditeur.

 

 

 

 

 

Dans le Memphis Press-Scimitar du 29 avril 1959, alors qu'un Elvis en uniforme se trouve en Allemagne, on peut lire l'affirmation suivante du patron de Sun Sam Phillips: «Je suis arrivé ainsi à la conclusion qu'on pouvait vendre un sacré paquet de rondelles si on trouvait des musiciens blancs capables de jouer et de chanter de manière aussi excitante et vivante que les Noirs.» Un point historique de première importance, enfin clarifié ici. Voilà une trouvaille, parmi tant d'autres, qui rend le travail de Guralnick totalement indispensable ! 

 

Et puis, le chemin du succès de Guralnick est passé par les EPE (Elvis Presley Enterprises), qui lui ont donné libre accès à une foule de correspondances diverses, de contrats et autres documents, dont l'analyse minutieuse par notre bénédictin de Boston nous fournit un puzzle parfaitement reconstitué: celui du business tel qu'il fonctionnait dans les années 50, puis 60 et 70. Des chiffres, énormes pour l'époque, qui paraissent bien anodins par rapport aux échelles actuelles. Un fait financier frappant: Presley et le si cupide Parker (si dispendieux par contre au jeu, son intoxication à lui) trouvaient tout à fait normal de payer...90% d'impôts, sans en faire un problème apparemment.

 

 À l'heure où certains politiciens sont absolument convaincus qu'il est intolérable de demander, même à des milliardaires, de contribuer à hauteur d'un peu plus de 50% à un budget de crise, on voit à quel point le «temps de l'innocence» est mort. Et combien «le monde et les temps ont changé», mais pas dans le sens de cette fameuse prédiction dylanienne.

 

Elvis a agi souvent comme un panier percé, balayant d'un revers de main les appels paternels à la modération. Il croyait bien faire, en ces années soixante en pente descendante pour lui (avec de très heureuses et inoubliables fulgurances), en laissant mariner son éternelle fiancée Priscilla dans une virginité subie et non choisie.

 

La belle se plia à la volonté rigide de son promis pour ne pas heurter les convictions parfaitement pudibondes de celui qui, par ailleurs, profitait sans problèmes de son statut de sex symbol international. Et puis le grand mal, nié et ignoré pendant toutes ces années...

 

 

 

 

Cette dépendance de plus en plus intense, désespérante puis - à la fin - désespérée aux  «médicaments», ces stimulants divers qu'il a découverts lors de son service militaire; et qu'il distribuait autour de lui comme des bonbons, aux effets agréables et à l'innocuité totale, croyait-il ! Ses chevaliers servants l'ont plus ou moins suivi dans cette habitude catastrophique. Des copains omniprésents, dont certains étaient plus et mieux que de simples bouffons ou parasites (voire les deux, cela n'a rien d'incompatible). On peut penser que le décès de sa mère, en août 1958, a marqué le tout début de sa dégradation psychologique, ou du moins de sa déstabilisation progressive.

 

On reste effaré par le récit de ces exactions innombrables infligées par Elvis à son organisme de plus en plus intoxiqué et épuisé. Après sa séparation d'avec Priscilla - un autre grave traumatisme pour lui - la vie amoureuse du sex symbol est devenue de plus en plus...symbolique, un effet pervers (mais non lubrique...!) de ces pilules infernales, nocives même pour sa virilité.

Dans son comportement, Elvis a montré alors de grands besoins plus affectifs et sensuels qu'autre chose; une sorte de régression, qui a entraîné des relations plus douloureuses et sans espoir pour lui. Eh oui, il faut l'écrire: pas le moindre sensationnalisme chez Guralnick.  L'autodestruction «médicamenteuse» d'Elvis (stimulants, somnifères, psychotropes divers etc.; mais une aversion totale pour les drogues dures) a presque fait de lui un «loser» sur la fin.

 

Oui, dans les pages finales du second volume, le coeur de tout amoureux du rock and roll se serre, voire les poings, en apprenant les arcanes d'une dégringolade sans espoir, facilitée par un aveuglement, une inconscience d'Elvis, et un entourage soit à son diapason (celui de l'autruche et sa tête dans le sable), soit plein de compassion mais incapable, comme dans un cauchemar, d'arrêter la progression du malheur qui s'avance. Mais tous les grands et beaux moments de sa vie, après l'armée, font tout de même mentir un adage trop souvent répété, y compris par des célébrités allant de ...Dick Rivers à John Lennon !  «Elvis est mort le jour où il est parti au service militaire.»

 

 

LE VRAI ELVIS

 

On se régale avec l'enregistrement du premier album de son retour à la vie civile: le magnifique Elvis is back et  le show TV avec Sinatra, deux hauts faits de 1960, plus que le film et l'album GI Blues ; le retour à l'inspiration, après des disques de moins en moins essentiels, en 1966, avec How Great Thou Art , sous la direction d'un nouveau producteur excentrique et fan du King, Felton Jarvis; les deux feux d'artifice de 1968 et 1969, respectivement le show TV étincelant de son retour, puis sa reconquête du public en chair et en os, en commençant par l'International Hotel de Las Vegas, en plein milieu de l'été 1969. Et l'inoubliable Aloha from Hawai de 1973, le gigantisme presleyen (et parkerien) à son sommet...

Au milieu des déboires de la seconde partie, j'ai voulu mettre la lumière sur deux magnifiques anecdotes, qui présentent un éclairage révélateur sur notre héraut (de notre musique) et notre héros. Toutes les deux dans  Careless love

 

P.66, sa théorie sur l'art du chanteur au travail, en enregistrement. «Ce que l'on chantait devait venir du coeur; il ne pouvait être simplement question de suivre telle ou telle tendance, parce qu'alors le public ne vous croirait jamais.» Cela pour l'Artiste. Pour l'homme, en dépit de ses défauts et errements, p.649: Elvis offre une maison à un des membres de sa «mafia», son ami véritable Jerry Schilling, qui n'en a jamais eu; et dont la mère est morte lorsqu'il avait un an. Tel était le vrai et irremplaçable Elvis, le King à jamais.

 

LE COIN DES SPÉCIALISTES

LAST TRAIN TO MEMPHIS

 

 

Pour l'original de  Good Rocking Tonight , Guralnick ne mentionne que Wynonie Harris. Mais ce titre fameux a été créé par Roy Brown en 1947, un autre grand pionnier du rhythm and blues qui a brièvement rencontré Elvis par la suite, réussissant à obtenir un peu d'argent de la part du King.

 

Pour Hound Dog , pas de trace de la polémique qui a entaché la genèse de ce classique, créé par Willie Mae «Big Mama» Thornton en 1953.

Johnny Otis figure sur les crédits de la version originale aux côtés de Leiber et Stoller, avant d'en être évincé ! Il joue de la batterie sur cette première version. Au passage, on remarquera que ce titre de rhythm and blues, écrit par deux (ou trois !) Blancs, a été repris par Elvis via la version scénique d'un des premiers groupes blancs de rock and roll: Freddie Bell and the Bell Boys. Ils l'interprétaient à Las Vegas en avril 1956, lors des premières apparitions assez décevantes (côté public) d'Elvis, dans cette ville clinquante auquel son nom sera associé à partir de 1969.

 

Ailleurs dans ce premier volume, on déplorera le show de Dean Martin et Jerry «Lee» Lewis (sic!), ou les joyeux «patrons» des clubs de Memphis fréquentés par Elvis...Des «patrons» américains sont des clients français (le patron étant le boss évidemment !).

 

Elvis n'a jamais payé quoi que ce soit avec des «centimes» (sauf à Paris peut-être !), mais avec des cents, et surtout de beaux dollars bien verts !

Il y a quelques autres incongruités sur lesquelles je ne m'attarderai pas.

 

CARELESS LOVE

 

 

Comme dans de très nombreux livres français, des noms propres sont écorchés. Comme Gordon «Stocker» (Stoker), un des Jordanaires; ou Mort «Schuman» (Shuman). La première session de Ray Walker, un des Jordanaires, ne date pas du 25 février 1961, puisqu'il participait déjà à la séance d'enregistrement de juin 1958.

L'auteur, à qui on ne tiendra nulle rigueur de cela, a confondu le Café de Paris avec le Casino de Paris, où Elvis a chanté dans la loge de Line Renaud et Loulou Gasté, le 17 janvier 1960.

 

En p.584, deux présidents de RCA sont mentionnés: Rocco Laginestra (le vrai), et Mel Ilberman (presque aussi important, mais en réalité responsable financier).

 

Elvis a retrouvé Sammy Davis Jr à son retour de l'armée en 1960, pour la préparation du show TV avec Sinatra. Leur première rencontre ne date pas du premier passage d'Elvis à Hollywood, mais du deuxième: sur le tournage de  Jailhouse Rock .  On ajoutera qu'ils se sont revus lors du film le plus flamboyant d'Elvis (selon l'auteur de ces lignes), étonnamment tourné en splendide noir et blanc: King Creole .   

 

Bobbie Gentry, interprète de Ode To Billie Joe , n'était pas un chanteur mais une superbe brune ! Dans l'entourage d'Elvis, John et Joan Deary (collaboratrice de RCA s'occupant  d'Elvis) sont une seule et même personne.. C'est une dame, le «John» est erroné !

 

Dans ce second tome, d'autres erreurs seront repérables par les lecteurs attentifs; presque toutes dues à des faiblesses de traduction et de correction.

 

 

ÉPILOGUE EN CHANSONS

Une tendance toute récente des meilleurs fers de lance de la littérature rock consiste à donner les origines des chansons traitées, chaque fois que c'est possible. Guralnick a bien raison de parsemer son travail de telles informations. On terminera ce coin des spécialistes par des précisions dans ce domaine, quant à des titres dont il est question dans le travail de Guralnick.

 

Unchained Melody a été créé par Todd Duncan dans le film Unchained en 1955; I Believe par Frankie Laine en 1953. Dans les deux cas, c'est apparemment la version du grand Roy Hamilton qui a poussé Elvis à s'y coller. Danny Boy a été créé sur disque en...1917 par une contralto du New York Metropolitan Opera, Ernestine Schumann-Heink. From A Jack To A King est un tube de Ned Miller (1962).

 

Greensleeves , il est bon de le signaler, est sans doute le thème le plus ancien jamais chanté par le King . Il remonte à l'époque shakespearienne ! Les versions les plus proches dans le temps, avant celle d'Elvis, sont celles d'Odetta (1957 - elle a aussi chanté Hound Dog en 1956 !) et de John Coltrane (1961). Release Me a été créé par Eddie Piano Miller en 1949; I Really Don't Want To Know par Don Robertson en 1953; Froggy Went A Courtin' est un traditionnel, déjà connu en 1900 par un certain Uncle Josh, et repris par Pete Seeger, Woody Guthrie, Odetta. The Twelfth Of Never a été enregistré par Johnny Mathis en 1957 (d'après un vieux thème folk The Riddle Song ).

 

Mais on ne rendra pas justice à un lion géant en ne parlant que de quelques petits poux...Même à la fin de cet appendice, je me fais un plaisir de qualifier cette somme d'INDISPENSABLE !