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ELVIS LE KING EN DEVENIR

Alfred Wertheimer - La Renaissance du Livre

 

 

Lorsqu'au lendemain de la mort d'Elvis, un journaliste de Time Magazine a l'idée de contacter Alfred Wertheimer, personne ne se doute encore que ce photographe allait devenir le plus célèbre parmi ceux qui ont eu le privilège (plus ou moins rentable, selon le cas) d'immortaliser celui qui suivit à toute allure la route qui le mena des stations «Hilbilly Cat» à «Elvis the Pelvis», pour enfin devenir...the King. Et cela en faisant presque oublier que le pourtant illustre Clark Gable fut gratifié de ce royal surnom avant lui.


Ce magnifique beau livre
Elvis Le King En Devenir (Elvis At Twenty-One New York To Memphis, 2006), une version française à mettre à l'actif d'un éditeur belge: La Renaissance du Livre, nous montre Elvis sous un jour encore naïf et ingénu; ce qui n'empêche pas le mot «star» de scintiller sur son visage à la beauté presque irréelle, inexplicable. La beauté naît de l'étrange, écrivit un jour Baudelaire...

 

 

 
AVANT ELVIS, L'EXIL

 

En 1936, à l'âge de six ans, le petit Alfred Wertheimer suit ses parents qui fuient une Allemagne filant un mauvais coton... Après plusieurs déménagements à New York, la famille se fixe dans un quartier qui accueille maints émigrés juifs: Brooklyn. Alors que son père Julius travaille dans le secteur alimentaire, Alfred prend goût à la photographie, après avoir reçu un premier appareil en cadeau, de son frère Henry. Suite à un passage à l'armée à dix-neuf ans, et des études de dessin (y compris dessin industriel), il entre en 1948 à une école des beaux-arts qui n'exige aucun droit d'inscription: la Cooper Union School of Art de Manhattan.

C'est dans le journal de cet établissement que paraissent ses premiers clichés !

 

En 1954, il collabore avec le photographe de mode Tom Palumbo, attaché au Harper's Bazaar.En 1955, il réside en tant qu'indépendant dans un studio, avec un groupe de six photographes. Dont un certain Paul Schutzer, qui exercera la profession dont Alfred rêve à ses débuts... Photographe à Life Magazine, certes un des jobs les plus enviables dans la presse mondiale. Une activité qui coûte la vie au malheureux professionnel émérite, tué au début de la guerre des Six Jours qu'il couvre pour l'hebdo le plus célèbre au monde à l'époque.

 

AL ET EL

Sans le savoir, Schutzer change la vie d'Alfred lorsqu'il lui présente une certaine Ann Fulchino, une nouvelle publiciste au service des disques RCA. Une firme qui l'engage... fin 1955. À la même époque qu'un certain chanteur excentrique venu de ce Sud toujours considéré comme arriéré...et qui allait changer le visage de la musique populaire à tout jamais !


Les photographes de cette petite équipe sont appelés l'un après l'autre, en un système de roulement semble-t-il.
C'est à Alfred qu'échoit la mission confiée par Ann Fulchino: photographier le Stage Show des frères Dorsey, produit par Jackie Gleason, le 17 mars. Wertheimer exulte: le jazz, le mainstream (le swing), mais il adore !

Oui mais...non, il s'agit de fournir du matériel publicitaire à RCA pour une jeune recrue de la (grande) maison: un certain Elvis Presley !

Elvis qui ? Jamais entendu parler !


Autant dire qu'Alfred se rend vers les lieux de l'émission TV sans enthousiasme particulier.

 

 

 

STAGE SHOW

  

Très vite, notre photographe, doté d'une belle fibre artistique, qu'atteste son parcours professionnel, se rend compte qu'il a affaire à quelqu'un de spécial.


Ses premiers clichés présentent la future idole en répétition dans le studio 50 de CBS. Puis à l'hôtel Warwick, y compris...dans la salle de bains ! Fallait-il qu'il y croie, Wertheimer, pour prendre des photos d'un inconnu (de lui), dans des poses dont on doute qu'il ait pu les croire exploitables à l'époque. Un nez creux...


En tout cas, lorsqu'Elvis est en pleine action devant les caméras, la grâce, aveuglante, foudroyante, éclate comme un flash. Tupelo Mississippi Flash, pour citer un titre de Jerry Reed...

Par exemple (un parmi tant d'autres), cette photo double page p.42-43: la jambe en arrière, la main et labouche ouverte, comme en transe(s), ou traversé par un fluide mystérieux...Contagieux: DJ Fontana à la batterie, les deux bras en l'air.


Pas une pose, pas de «travail sur l'image» (ces termes qui devraient faire vomir tous les amoureux du rock and roll, voire de la Musique et des vrais artistes).
Élégant et encore sobre, certes; mais avec une force, une vérité artistique qui emporte, qui souffle comme un ouragan nouveau et inattendu.


Pour cette seule journée historique du 17 mars, notre photographe, manifestement sous le charme,appuie quatre cents fois sur le bouton ! À l'extérieur, alors qu'Elvis signe des autographes, Alfred se dresse sur une poubelle derrière «cette mer de cheveux», selon ses mots. Elvis chante ce jour-là Money Honey et Heartbreak Hotel.

 

1956

 

 

Tout ce magnifique recueil ne contient que des photos noir et blanc d'Elvis, prises en 1956 lors de ses quelques journées historiques passées avec lui. Il en prend quelques-unes en couleur cette année-là, dont une qui fait la couverture du premier TV Guide du 8 septembre 1956 consacré à Elvis. Ce qui lui rapporte $250. Celles en couleur ne sont dues qu'à l'initiative de Wertheimer. RCA ne rembourse que de la pellicule noir et blanc, ne croyant pas à la durabilité du phénomène Elvis !


Lors de cette année cruciale, Alfred retrouve Elvis au Steve Allen Show le 29 juin (il y chante I Want You, I Need You, I Love You et, devant le clébard, Hound Dog), et le 30 juin pour un concert à Richmond.

 

C'est là qu'il immortalise un jeune Elvis se livrant à des jeux gentiment érotiques: des baisers juvéniles avec une fan, dans un mélange d'hilarité et de désir. Deux tourtereaux absents à tous ceux qui les entourent, comme tous les amoureux, aussi éphémères et ludiques soient-ils.

 

Une des spécialités d'Elvis étant par ailleurs, en pleine session photographique, de s'emparer d'un instrument quelconque (même...un accordéon, p.65), pour retrouver sa tranquillité tellement mise à mal en permanence.

 

Même si c'est pour d'heureuses raisons de succès triomphal ! Le système nerveux n'en a pas moins ses limites. En 1956, heureusement, Presley n'imagine pas du tout de les reculer indûment et artificiellement...


Le 2 juillet, séance d'enregistrement aujourd'hui légendaire: elle engendre Don't Be Cruel et Hound Dog.Sans colonel dans les parages, Wertheimer couvre la séance sous tous les angles.

 

Incroyables clichés du King, au plus intense exercice de son art, en gros plan devant le micro, ou se prenant la tête dans les mains...Des photos qui sont aussi des tableaux.


L'Artiste au travail. Un être différent. Un passeur. Non (non, et non), surtout pas un «produit» devant complaire par ses réalisations à un directeur artistique, qui doit rendre compte à un chef de produit... L'explosion du Rock and Roll jeune, et éternel, ici.

 

 

 

MEMPHIS LE 4 JUILLET: INDEPENDANCE (rock and roll) DAY

 

Pour ce grand jour de fête américaine qu'est le 4 juillet, l'Independence Day, Wertheimer pénètre pour la première et unique fois de sa vie dans l'intimité familiale d'Elvis. Pas encore Graceland (acquis l'année suivante), mais à 1034 Audubon Drive, à Memphis.


Cela après un long voyage en train, de vingt-sept heures (!) entre New York et Memphis,durant lequel Elvis écoute sur une sorte de mange-disque les acétates des deux classiques du rock tout chauds, qu'il vient d'enregistrer.
Une de ces photos d'Elvis, assis dans un compartiment, figure en couverture de ce livre.


À Memphis aussi, cette photo «iconique» d'Elvis sur sa Harley.Les responsables publicitaires de la fameuse firme n'auraient pu rêver concours plus prestigieux et inattendu... Redoutable compétition pour la Triumph sanctifiée par Brando dans The Wild One (L'Équipée sauvage) trois ans plus tôt !

 

Cela quelques heures avant le concert historique, et de charité, à Russwood Park à Memphis.
Là où Elvis, après avoir chanté Hound Dog devant un basset au Steve Allen Show, précise aux fans qu'ils allaient voir «le vrai Elvis Presley» !


Le bras de fer entre l'Artiste et le Marchand. Déjà...Le chanteur sublime qui reprend la main, sur son terrain.
Une de ces photos du 4 juillet figure sur le programme de la magnifique exposition Cartier Rock'n'Roll 39-59, qui s'est tenue à Paris du 22 juin au 28 octobre 2007.

 

Un espace y a été dévolu aux plus belles photos d'Elvis de Wertheimer (qui a photographié d'autres stars comme Paul Anka et Dion and the Belmonts, et qui fut même cameraman à...Woodstock en 1969 ! Mais c'est une autre histoire...)


Wertheimer était présent à la conférence de presse du 21 juin 2007, en l'illustre compagnie de Wanda Jackson et Leiber et Stoller ! On ne verra jamais cela en Belgique...
Le livre comprend les souvenirs précieux de Wertheimer, qui suivent une introduction du galeriste Chris Murray et un avant-propos du meilleur biographe d'Elvis, Peter Guralnick.


Pour la petite histoire, c'est en avril 1997 que la première grande exposition sur Elvis vu par Wertheimer s'est tenue à Washington, dans la galerie Govinda de Murray.
Elvis a toujours été très cool, naturel et coopératif. Il savait qu'Al faisait son job, et un sacré bon job.
Ses photos d'Elvis en soldat, de 1958, sont nettement moins vues et populaires.


Les circonstances étaient différentes, tant du point de vue de la situation de la star (qui entre sous les drapeaux, c'est tout de même une sorte de défaite) que de celle du photographe. Plus de liberté ni d'exclusivité, sous les auspices...du colonel justement (même faux). Mais ceci sort du cadre lumineux - bien qu'en glorieux noir et blanc, pas de photos couleur- de cet album absolument indispensable.

 

 

LE CHOC DES PHOTOS


Sans poids des mots (ou presque !), devenus inutiles...
P.72, de dos. Incroyable démarche de danseur...Son corps en forme de S. Le voir pour le croire. Pas de photoshop en 1956 !


P.133 En enregistrement: Scotty assis, guitare à la main; et Elvis assis à califourchon, pensif, concentré.

 

Et ces trois incroyables gros plans (session du 2 juillet), P.134, 136 et 137. Presley - Harley (voir plus haut) p.173.

 

LE COIN DU SPÉCIALISTE


P.14 Lena Horne, non Horn.


P.122 Pas de cassettes de démonstration en 1956: des démos (acétates).


P.176  Dixie Locke, pas Lock.

 

Un article de Christian Nauwelaers

18/03/2010