LIVRES-DVD-CONCERTS ROCK

 

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Machiavel 40 ans de musique

 

La France et les Beatles (Hocquet-Krasker)

 

Beatles Jours de vie Richard Havers

 

1969 - Année Rolling Stones - Let It Bleed

(Ethan Russell)

 

Qu'en pense Keith Richards ?

(Mark Blake)

 

Cliffhistory

(Robert Morgan)

 

The Man Who Led Zeppelin

Chris Welch

 

Elvis - Last train to Memphis-Careless Love

P.Guralnik

 

Elvis en devenir Alfred Wertheimer

 

Chuck Berry - Long distance information (Fred Rothwell)

 

Jacques Dutronc

(Michel Leydier)

 

Johnny et Nous : 50 ans de rock

J.Q. Gérard

 

Johnny Sixties

(J.P. Leloir)

 

Hallyday-Derniers secrets

Przybylski

 

Rock'n'Romance Nanette Workman

 

 

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Autant en emporte le rock

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L'école de Canterbury

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Ancienne Belgique, salle de légende

Johan Ral

 

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(Paul Coerten).

 

Smalls (Small Faces)

(J.N.Coghe)

 

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Christophe Quillien

 

The Big Beat Scene

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Jésus prend la mer

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Rock Critics

Feel like going home (P.Guralnik)

 

Antibes Juan-les-Pins-50 ans de jazz 

 

American Rock'n roll UK Tours 1956-72 (Ian Wallis)

 

Rock and Roll duo Kenroll-Guyaut

 

50s Today

Charles Chojnacki

 

 

 

CONCERTS

 

James Burton au Spirit 26/04/2010

 

Paul Anka Forest National 21/11/2009

 

Cliff Richard Forest National 8/11/2009

 

DVD

 

Dusty Springfield

 

Paul Anka Rock Swings - 2009

 

Cliff Richard Final Reunion - 2009

 

Marty Wilde : 50th Anniversary Concert 2007

 

FILMS

 

Vince Taylor -Chemin de la mauvaise route

 

Cliff Richard - Filmo

 

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RAYON D V D - ROCK

 

DUSTY SPRINGFIELD   (DVD) 

ONCE UPON A TIME 1964 - 1969  -  Reelin' in the years 2009

Un article de CHRISTIAN NAUWELAERS

 

 

Connaissez-vous l'expression figée «applaudir des deux mains» ? Elle est assez stupide, puisqu'on imagine mal un manchot se livrant à cette activité !

Mais si on abandonne un instant notre sens logique, appliquons cette anomalie de notre langue à ce merveilleux DVD de la très, très grande DUSTY SPRINGFIELD.

 

Cette édition est due à des professionnels américains de haut niveau, ceux de la firme américaine Reelin' In The Years, qui pioche de plus en plus dans le patrimoine audiovisuel européen, pour notre plus grand plaisir.

 

Ce DVD ne comprend que des chansons datant des plus grandes années de gloire de cette immense artiste, dont un Lennon (parmi tant d'autres) était un fan avéré.

 

Après quelques années d'abord assez obscures au sein des Lana Sisters, puis en trio folk avec les Springfields - qui ont assez bien marché, au point de se tailler une petite réputation aux États-Unis - Dusty se réinvente totalement en 1963, côté look (de quelconque, elle se métamorphose soudainement en diva souriante au regard charbonneux qui tue, sous les coiffures blondes évolutives et abondantes) et côté répertoire, résolument pop et rhythm and blues désormais. En novembre, elle devient  une star en solo avec I Only Want To Be With You , le premier tube d'une série impressionnante.

 

Dusty montre toujours une maestria de chanteuse racée, de styliste hors pair, de vocaliste planant au-dessus du lot dans divers genres.

 

Au départ, notamment avec ce premier titre solo précité, elle s'impose dans le genre qu'on pourrait appeler «big ballad», avec des passages casse-gueule qu'elle franchit, dans son interprétation, avec l'aisance d'un petit cabri sautant au-dessus des crevasses les plus profondes. La version d' I Only Want To Be With You présentée ici est tirée de sa toute première TV étrangère: Ontmoeting met Russ Conway (!), à la TV hollandaise,le 23 janvier 1964 (dont on extrait aussi Once Upon A Time ).

 

On doit ces deux trouvailles au grand spécialiste des archives TV rock bataves, Richard Groothuizen: un gage de sérieux.

 

 

Les compilateurs n'ont pas ménagé leurs efforts, allant chercher des documents américains. Comme le fameux Ed Sullivan Show et ce Shivaree dont certains d'entre nous, dont votre serviteur, purent se délecter dans les années 60 grâce à une RTB occasionnellement bien inspirée...par feu Nicolas Dor. Le DVD recèle même des passages... australiens ! Le Bandstand de là-bas, réplique évidente du fameux American Bandstand américain de Dick Clark.

 

Certains morceaux sont interprétés en live, comme à l'occasion de deux NME Poll Winners Concerts , de 1965 et 1966. Lors de ce dernier, elle démontre son talent multiforme avec deux morceaux de bravoure, aussi éloignés que possible sur le plan stylistique: You Don't Have To Say You Love Me , une ballade transalpine lyrique et passionnée à l'origine, magistralement reprise aussi par le King Elvis. Et juste après, sa lecture de Shake , de Sam Cooke! Le grand écart, et la grande classe.

 

À ce propos (Dusty et la soul), je m'inscris un peu en faux contre cette assertion souvent répétée selon laquelle Dusty était une négresse blanche, avait une voix noire, etc.

 

 

Melody Maker 1963

 

Pas vraiment... Le grain de sa voix ne l'était pas, même si elle fait montre d'une aisance totale dans ses excursions nombreuses dans la musique populaire noire. Pour les aspects négroïdes chez certaines chanteuses anglaises, il faut plutôt se tourner vers un autre phénomène contemporain de Dusty: Julie Driscoll, notamment. Dusty est avant tout une artiste dont le style scénique hiératique et théâtral (dans les ballades s'entend),et la tessiture large et vibrante, la ramènent à une lignée de divas italiennes notamment. Dont elle s'échappe avec entrain dès que la transe du rhythm and blues la saisit au cours de son spectacle !

 

Les capacités de Dusty Springfield constituent un matériel de base somptueux, un talent inné au-dessus de la mêlée dont elle a fait le meilleur usage, alors qu'elle souffrait de complexes d'infériorité totalement injustifiés.

 

Son perfectionnisme, en studio notamment, en faisait une artiste responsable et largement autonome, qui donna plus de crédit qu'ils n'en méritaient à ses producteurs, par pure gentillesse et par refus des conflits.

 

Dusty était bouleversante, inégalable des ongles des orteils à la pointe des faux cils.

 

Sur la jaquette, on peut constater que la jeune Dusty et sa petite robe blanche a probablement inspiré une certaine... Sylvie Vartan, qui se produisait souvent dans ce genre d'atours en 1964, notamment à l'Olympia !

 

 

On précisera (est-ce bien utile ?) que la comparaison s'arrête strictement là, même avec une vraie sympathie pour l'idole française d'origine bulgare. Oui, on ajoutera ici que Dusty a même un peu enregistré... en français, sans que cela porte à conséquence.

 

Certaines personnalités sont interrogées au sujet de la grande star disparue: Burt Bacharach, la chanteuse et choriste noire Madeline Bell, qui a également travaillé tant avec les Stones qu'avec... Johnny Hallyday, et Simon Bell (aucun rapport avec Madeline, et lui est blanc). En 1968, Dusty se lance dans la soul ou plus exactement la country soul, avec entre autres Son Of A Preacher Man (d'Aretha), ici à l'Ed Sullivan Show.

 

Les passages les moins anciens sont en couleur. Un bonus intéressant est son duo avec ce compositeur qui compta tant pour elle: Burt Bacharach (au piano), dans A House Is Not A Home, que l'on connaît bien par Dionne Warwick.

Contrairement à ce qu'on peut lire sur le web, ce n'est pas extrait du show Another Evening with Burt Bacharach , mais bien de Burt Is Back (29 juillet 1970 sur la NBC).

Toutes les chansons sont complètes, la qualité technique est irréprochable.

 

Et un joli livret présente une biographie, de nombreuses illustrations d'époque et les détails complets de provenance (dates exactes incluses) de toutes ces merveilles.

Une réalisation du type de celles qui font le bonheur d'amateurs que j'espère innombrables. Bravo, mille bravos...Une exclamation d'origine italienne !

 

 

 

New Musical Express 1963

 

Le coin du spécialiste

 

Une des plus belles créations des années soixante, dans le plus pur style Dusty en «big balladeer» mais non par elle, renforce ma thèse selon laquelle l'Italie fut pour elle une source d'inspiration stylistique aussi importante que les reines du soul et du rhythm and blues. Au fait, par «big balladeer», je veux dire: chanteuse à voix, lyrique, ce qui est le contraire de beugler... (Pas de noms, il y en a trop !)

 

Cette perle méconnue, écrite par Boris Bergman et composée par Armando Trovajoli, est parue originellement en 1969 sur RCA Italie. 

 

Elle s'appelle Anyone. Elle est créée de façon stupéfiante, avec une force de conviction, une assurance incroyables - comme Dusty au plus haut d'un crescendo redoutable - par... Sophia Loren, aussi époustouflante derrière un micro que sur les écrans du monde entier.

 

Que ceux qui me prennent pour un fou tentent de découvrir ce joyau «à la Springfield» !