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ANTIBES JUAN-LES-PINS - 50 ANS DE JAZZ 

RENAUD DUMÉNIL    Éditions Autre Vue

Pour fêter les cinquante ans du festival de jazz à Antibes Juan-les-Pins, les éditions Autre Vue publient un bel historique de cette manifestation, après avoir remporté un appel d'offres de la municipalité. Les amateurs de rock (plutôt noir), de rhythm and blues et de pur blues sont tout à fait concernés.

 

 

LES PRÉMICES

 

L'auteur Renaud Duménil, aujourd'hui un homme de radio établi là-bas, survole d'abord les années 20 qui virent cette région devenir

un point d'attraction irrésistible pour de grands Américains comme Hemingway ou Scott Fitzgerald, avec sa très turbulente épouse Zelda. Ce couple aujourd'hui mythique en connaît un autre là-bas: leurs compatriotes les Murphy, qui leur font découvrir ce mode de vie qu'on peut appeler dolce vita avant la lettre. C'est là que Fitzgerald trouve l'inspiration pour son roman Tendre est la nuit, et aussi Les Enfants du jazz. Du coup, beaucoup d'Américains parlent de cette époque comme «The Jazz Age».

 

Le 17 août 1951, c'est à Antibes que se marie en grande pompe et en fanfare (style New Orleans !) le clarinettiste et saxophoniste soprano Sidney Bechet, qui a illuminé de ses notes joyeuses d'innombrables surprises-parties de l'époque. Certains se souviennent peut-être de son fameux Dans Les Rues d'Antibes ...

 

LE FESTIVAL

 

C'est en hommage à l'illustre musicien, décédé le 14 mai 1959, que le festival est annoncé officiellement le 16 décembre. Les maîtres d'oeuvre sont Jacques Hébey et un homme qui a connu une belle ascension dans le monde français du disque, lors des années fastes: Jacques Souplet. Cette manifestation est peut-être la deuxième au monde après Newport, mais pas le premier festival européen (de jazz) durable, en dépit d'une publicité un peu abusive. Puisque c'est bel et bien le nôtre, à Comblain-la-Tour, qui peut se prévaloir de cet honneur. La première édition, avec Chet Baker en vedette principale, remontant au 2 août 1959. Celle d'Antibes se tient du 6 au 14 juillet 1960. Elle invite une fabuleuse grande prêtresse du gospel: la chanteuse-guitariste Sister Rosetta Tharpe. Quand on l'entend marteler This Train avec la furieuse énergie de Vulcain dans sa forge, on reconnaît bel et bien un futur classique du rock: My Babe . Parmi les autres artistes notoires cette année-là, quelqu'un que l'on a vu chez nous, et qui s'est imposé au niveau international dans les années 70: Donna Hightower.

 

RAY CHARLES !

 

Entre Ray Charles et la France (mais aussi la Belgique, et bien d'autres pays), il y eut une authentique histoire d'amour. Sa voix rauque et déchirante, ses cris «primaux» sur des arrangements riches et chatoyants, sa fusion de tant de styles qui ont donné naissance à la soul music (on parle de soul avec Ray Charles bien avant tous les grands maîtres du genre), son côté romantique et douloureux (cécité plus drogues lourdes à certaines époques), tout cela a fait du Genius une légende de son vivant. Qu'il serait urgent de remettre plus en avant dans des médias obsédés par un chanteur-danseur qui a été noir, et qui fut surtout une éponge douée pour rassembler les enseignements de ses maîtres, sans jamais les égaler. Un King of Pop pour beaucoup hélas... Ray est la star du festival d'Antibes Juan-les-Pins 1961, qui se tient du 18 au 24 juillet. Un triomphe, avant son arrivée à Paris en octobre de cette année, au Palais des Sports, où sa légende grandit de façon exponentielle. Une star qui a su fédérer tous les publics, de nombreux jeunes fans de rock aux aficionados de jazz et de blues. Ainsi que les jeunes filles romantiques qui fondent en dansant un slow sur Georgia On My Mind.

 

 

QUAND LE JAZZ EST LÀ LE RHYTHM AND BLUES SUIT

 

Pour l'édition 1962, un peu le même cas de figure: première prestation française d'un autre monstre de la musique noire, qui fut tout aussi «crossover» et immensément populaire que le Genius: le merveilleux fat man, Fats Domino, qui se produit sous la pinède juste après sa conquête de Paris la même année, qui commence le 17 juillet au Palais des Sports devant quatre mille fans frénétiques. D'autres musiciens notables cette année-là sont l'organiste virtuose surnommé The Boss (oui, avant Springsteen ): Jimmy Smith. Aussi le grand guitariste Elek Bacsik, que Gainsbourg fait un peu connaître dès l'année suivante. En 1963, on salue notamment Bill Doggett, un autre organiste créateur du classique Honky Tonk (Parts 1 & 2), un des instrumentaux les plus repris dans toute l'histoire de la musique populaire américaine. En 1964, survient la merveilleuse histoire vraie de la grande Ella Fitzgerald (qui a repris Fats Domino et les Beatles notamment dans son répertoire!). Son récital étant perturbé par des criquets, elle improvise un fabuleux duo avec ces insectes: ce qui donne The Cricket Song. Un moment d'anthologie qui a forgé la légende du festival. 1964 marque également l'arrivée en ces lieux paradisiaques d'un authentique précurseur explosif du rhythm and blues et donc du rock and roll: le vibraphoniste et batteur, et chanteur, showman, etc. Lionel Hampton. Délaissé par les fous du free jazz, sans que cela l'empêche le moins du monde d'aller combler de bonheur ceux qui disent du jazz... «Some like it hot»!

 

 

ROCK ET BLUES À ANTIBES

 

Le recueil de Roland Duménil donne un inventaire très utile de toutes les éditions. Les artistes qui nous intéressent, qui s'y sont produits une fois ou plus souvent, sont légion (outre les grands du jazz, que l'on peut aimer fort aussi mais il me faut respecter le spectre musical déjà vaste de ce site). On peut mentionner Nina Simone, Mahalia Jackson, John Lee Hooker, Aretha Franklin, Muddy Waters, Freddie King, le trop rare Johnny Otis, Billy Preston (sans Beatles et sans Stones !), Gilberto Gil, John McLaughlin dont une fois avec le fameux guitariste gitan Christian Escoudé, Jimmy Cliff, Weather Report, Clapton, Phil Collins, Joe Cocker, etc.  Cet inventaire s'arrêtant à 1989 ! Tant et tant d'autres encore... Les photos couleur et noir et blanc sont abondantes. Un autre très grand plus: la plupart des affiches du Festival, y compris les plus anciennes, sont reproduites. Le texte est bilingue, mais la version anglaise laisse un peu à désirer. Ce qui ne gênera que peu ou pas du tout les lecteurs francophones. On ne peut qu'espérer des sorties en DVD des nombreuses éditions filmées par Averty pour la télévision française. On notera que suite à des problèmes très bien expliqués par l'auteur, il n'y eut pas de festival à Antibes en 1971 ni en 1972, mais seulement à Nice. En attendant, on se plongera avec grand plaisir dans ces pages.

 

CHRISTIAN NAUWELAERS