GRAVE DANS LE ROCK

 

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Chapitre 1 : Cravate

 

 

Chapitre 2 : "Un individu malfaisant"

 

 

Chapitre 3 : Summer 69

 

Chapitre 4 : 1969, l'année du siècle

 

 

Chapitre 5 : Dawn of the seventies

 

 

Chapitre 6 : Wight 70

 

 

Chapitre 7 : La Ferme!

 

 

Chapitre 8 : fin 1970 L'explosion

 

 

Chapitre 9 : Déglingue du rock belge

 

 

Chapitre 10 : Monstres Sacrés

 

 

Chapitre 11: Charisme

 

 

Chapitre 12: Glam Rock - Le Schisme.

 

 

Chapitre 13: Rock 73

Genesis-Jemelle-Bilzen

 

Chapitre 14: Rock 74

Stones - Rapsat.

 

Chapitre 15: Les grands concerts de 1974

 

 

Chapitre 16 : Rock et Journalisme

 

 

Chapitre 17 : Épilogue

CHRONIQUE 1960-1965 CHRONIQUE 1966-1972 CHRONIQUE 1973-1980 LES PIONNIERS DU ROCK GROUPES BELGES
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GRAVÉ DANS LE ROCK

Intégral inédit du second ouvrage de © Piero Kenroll

CHAPITRE SIX

WIGHT 1970

Kleptomania Bilzen 1970

Kleptomania - Bilzen 1970

 

Bilzen cuvée 1970 (86) … C’est Michael Heslop de Burning Plague qui dénonce sur scène le mépris des organisateurs pour les groupes belges qui sont sous-payés et utilisés comme « bouche-trous » et Guy Mortier qui intervient pour annoncer qu’Humo leur paiera une prime de 3000 francs.  C’est le même Guy Mortier qui s’en prend à la gendarmerie présente en force et perquisitionnant la camionnette de Doctor Downtrip (87) pour y trouver « des choses qui ne devaient pas y être ». « La seule chose qui ne devait pas y être c’est un gendarme ! » déclare Guy. C’est Arthur Conley qui refuse de monter sur scène parce que les organisateurs ne veulent pas le payer, son organiste ayant, en guise d’intro, démoli l’orgue mis à sa disposition (88). C’est Golden Earring qui refuse de se produire, les organisateurs ayant signé un contrat

d’exclusivité pour l’amplification avec une firme dont le matériel ne convient pas au groupe. C’est Cat Stevens qui interrompt sa prestation suite au trop grand tapage autour des débits de boisson pendant qu’il chante. Ce sont les Wild Angels et Lord Sutch qui se plantent devant un public qui ne digère ni le côté revival des premiers ni les pitreries du second. C’est le triomphe de Black Sabbath parce qu’il joue le plus fort. Enfin presque. May Blitz lui fait concurrence côté volume, mais ce trio n’a pas encore un hit  comme « Paranoid » et finit par assommer tout le mondeLes Kinks et Badfinger sont aussi de la partie et s’en tirent sans pépin, mais finalement c’est le vieux bluesman Eddie Boyd qui se taille (avec raison) le plus gros succès. Pas de quoi pavoiser.

 

 

Donc, et je l’ai déjà écrit, Woodstock est la référence, le mythe, en tant que festival, du nombre des spectateurs, 300.000 ou 400.000 selon les sources. Ses « trois jours d’amour et de paix », pour décrire son ambiance, y sont pour beaucoup, même si ce sont le film et les albums qui ont perpétué son souvenir. Son gigantisme, toutefois, fut dépassé. A l’île de Wight, du mercredi 26 août au dimanche 30 août 1970, on estima la foule à 500.000 personnes. Mais ce ne furent pas des journées « d’amour et de paix ». Loin de là.


Dès la fin de l’édition précédente (89) on savait que les organisateurs, Fiery Creations, viseraient plus grand et plus fort. Quasiment toutes les semaines des noms importants s’ajoutaient au programme. L' "effet Woodstock" contribua encore à augmenter l’intérêt. L’idée de vivre un événement semblable séduisait beaucoup de ceux qui avaient vu le film. Il devient vite évident que c’est depuis tous les coins d’Europe que les jeunes mettent le cap sur l’île. Ce qui n’est pas prévu, c’est qu’ils ne le font pas tous par amour de la musique.

 

 

En tous cas, pas question de rater ça. Je prends les dispositions nécessaires pour le reportage,  je rassemble les copains qui veulent y aller. Nous partons dans ma Taunus blanche avec Pop music is here to stay  inscrit en grosses lettres oranges sur les côtés. Pour la traversée jusqu’à Douvres le prix est unique pour un véhicule et ses passagers sur l’hovercraft, quel que soit le nombre de personnes (jusqu’à onze). 

 

Tim de Jenghiz Khan, est donc aussi de la partie avec sa camionnette où s’entassent entre autres Friswa, Philippe Grombeer, Marcel De Munnynck, Jean-Claude Lambert et John des Aigles ainsi qu'un gars qui a été rebaptisé Otis parce qu’il est black (90) (détail à retenir pour la suite).  Lorsque nous débarquons à Douvres, nous avons déjà raté le mercredi et le jeudi, journées annoncées in extremis. 

 

En consultant la carte routière nous estimions à deux heures le trajet pour rejoindre Portsmouth, où il y a le bac pour Wight. C’est sans compter sur la sinuosité des routes anglaises. Il nous en faut quatre pour faire le trajet. À Portsmouth nous apprenons que, contrairement, à ce que nous avaient soutenu mordicus les agences de voyages belges, il n’y a pas moyen d’embarquer les voitures sur le bac pour Wight avant une dizaine de jours. Je cours dans un magasin m’acheter un sac à dos et comme les autres, me charge de tout ce que je peux pour camper, abandonnant la moitié de ce que j’estimais nécessaire dans le coffre de ma voiture que je dois aller parquer dans un faubourg de la ville qui est déjà saturée de véhicules.

 

Pour 5 shillings (91) par personne on traverse les dix kilomètres de flotte qui séparent Porsmouth de Ryde, principal port de l’Île de Wight. Là, des bus spéciaux sont disponibles pour se rendre au festival, près de Freshwater. L’île de Wight a un relief assez accentué. Lorsqu’on arrive de Ryde, le bus descend d’une colline et le site du festival s’étend devant les arrivants dans une vallée. C’est grandiose !  Au centre, il y a un terrain plat entouré d’une double palissade.

 

Entre ses pans circulent les gardiens du service d’ordre. A vue de nez ça fait un rectangle de  trois cent mètres sur six cent. Dans l’un des angles : une scène immense entourée de murs de baffles gigantesques. Dans le rectangle : des centaines de milliers de spectateurs. À l’extérieur : des dizaines de milliers de tentes. De toutes les tailles, de toutes les couleurs, sous le soleil, le ciel bleu…Joli.  Les plus grandes tentes appartiennent à l’organisation : elles sont transformées en magasins, centres d’accueil, infirmeries…

 

Il y a même une salle de cinéma et une chapelle !

 

 

Pendant que les copains récupèrent les billets d’entrée qu’ils ont commandés (92) à l’un des bureaux, je cherche une place pour planter mon propre abri de toile. Vu le retard avec lequel nous sommes arrivés, ce n’est pas facile. Je me retrouve presque au sommet d’une colline d’une cinquantaine de mètres de hauteur qui surplombe le site. Oui, j’ai une belle vue d’ensemble et j’aperçois la scène par-dessus les clôtures, mais pas ceux qui y sont … Trop loin. Par contre, le vent portant dans ma direction, je me rends compte que c’est le Taste de Rory Gallagher qui se déchaîne pendant que je plante mes piquets.

 

 

Chose faite, je descends  voir le sort réservé aux journalistes. Ils ont droit à un enclos près de la scène,

mais celle-ci est si haute qu’on n’arrive pas à voir les musiciens qui ne sont pas près du bord.

 

De plus la proximité des « murs » de baffles est assourdissante. On doit être mieux dans la foule, mais, à supposer qu’on arrive à se faufiler jusqu’à parvenir à une distance convenable - celle où on peut au moins  distinguer l’expression sur les visages des vedettes -  on a intérêt à se visser sur place.

 

Faire ses provisions pour manger, boire, et tenir le coup pendant des heures passe encore. Mais pipi, hein ? J’ai horreur des détails scatologiques, mais 600.000 personnes ont aussi des besoins naturels. Impossible de passer sous silence le fait que les « toilettes » du festival consistent en deux gigantesques fosses, une pour les filles, une pour les garçons, au bord desquelles on vient s’accroupir  en se cramponnant bien pour ne pas tomber en arrière. Charmant !

 


Bref, j’assisterai au festival de bien des endroits selon mes envies, mes fatigues et mes problèmes de survie. Nombreux sont d’ailleurs ceux qui restent au flanc de la colline où est plantée ma tente. Cela devient une sorte de tribune gratuite. Mais tous ceux qui ne veulent pas payer ne se contentent pas de cela. Il y a un fort pourcentage de Français dans la foule, ça s’entend. En France, suite aux événements de mai ’68, les jeunes sont d’une part très surveillés par les autorités, d’autre part très excités par une volonté de changement de société  et se raccrochent à tout ce qu’ils trouvent comme idéologies un peu subversives. Il y a toujours, entre autres, cette idée musique pop = musique du peuple = musique gratuite. Il y a aussi le fait qu’ils considèrent un festival comme un grand rassemblement populaire où l’on vient pour se retrouver entre jeunes dans un esprit d’égalité, de liberté, de fraternité.

 

 

Que Keith Emerson y présente son nouveau trio, que le Who joue « Tommy » en entier, n’entrent même pas dans leur préoccupation. Ils ne sont pas vraiment là pour la musique, mais pour la « fête ».  Enfin, c’est ce qu’ils disent…

 

Ne se satisfaisant pas du fait que l’accès au site était effectivement gratuit le mercredi et le jeudi, un groupe relativement important de Français se met à prendre d’assaut la double palissade pour entrer sans payer. Ils sont repoussés par le service d’ordre, mais reviennent à la charge plusieurs fois provoquant un tel chahut que pas mal de spectateurs payants, qui voudraient bien écouter la musique  en paix, commencent à en avoir ras-le-bol.

 

A une occasion, on en verra faire le coup de poing au côté du service d’ordre pour repousser les « emmerdeurs ».  Ouais. Comme je l’écrivais plus haut, pour les « jours d’amour et de paix » à la Woodstock c’est raté !

urs  semblent de bonne volonté. Pour limiter les bagarres, le dimanche après-midi, estimant qu’ils ont presque couvert leurs frais : ils déclarent l’entrée libre.  Terrible erreur. Les Français s’en prennent alors aux magasins à l’intérieur de l’enceinte. « La nourriture pour le peuple doit aussi être gratuite ! Non à l’exploitation des masses ! Non au capitalisme ! »

 

 

 

L’idée que beaucoup de gens ont travaillé pendant des mois à l’organisation du festival et qu’il a donné du travail à de nombreux corps de métier n’est évidemment pas dans leurs considérations. Ils finissent par incendier les tentes « commerciales ».

 

Gros déficit pour les organisateurs. Le comble est que le site est tellement gigantesque que si des bagarres se produisent en un point, il peut faire parfaitement calme ailleurs. La majorité des six cents mille spectateurs n’est pas affectée par ces événements et assiste au spectacle comme si de rien n’était. The show must go on. Il est temps d’y venir.

 

Redbone, Judas Jump, Cactus, Chicago, Family, Black Widow, Supertramp, Tony Joe White, Groundhogs, Taste, Procol Harum, Melanie, Voices of East Harlem, Joni Mitchell, Sly and the Family Stone, Free, John Sebastian, Mungo Jerry, Miles Davis, Tiny Tim, Joan Baez, Ritchie Havens, Pentangle, Donovan, Leonard Cohen, Ten Years After, Emerson,Lake & Palmer, Doors, Everly Brothers, Moody Blues, Jimi Hendrix, Who… Ce ne sont que les noms les plus mémorables d’un programme titanesque. 

 


 

Dans bien des cas, les réactions du public ne dépendront pas des qualités réelles de ceux qui se produisent, mais du moment où ils seront sur scène. Car ça cafouille allégrement au niveau de l’installation du matériel. Les « vides » d’une heure entre les passages de  groupes ne sont pas rares. Si bien que le programme du samedi soir par exemple, se termine avec Sly and the Family Stone, le dimanche à 8h30 du matin !

 

En fonction des circonstances (soleil, nuit, chaud, froid, spectateurs endormis, etc.) certains modifient même leur répertoire, comme Procol Harum  qui laisse vite tomber ses ballades majestueuses pour se lancer dans une série de classiques de Little Richard et Jerry Lee Lewis pour réchauffer tout le monde. L’ex- Lovin’ Spoonful John Sebastian s’attribue quant à lui, le plus gros succès de tout le festival en commençant le programme du samedi. Parce qu’il fait beau, que ses chansons acoustiques conviennent bien à l’instant et qu’il rayonne de sympathie à trois cent mètres. Follement rappelé, il reste en scène près de deux heures.

 

La révélation : Cactus,  groupe « heavy » (93) avec deux ex-Vanilla Fudge. Le gag : Tiny Tim, un vilain farfelu s’accompagnant au ukulélé. Le bide : le jazzman Miles Davis qui passe dans l’indifférence presque totale.

 

Jim Morrison à Wight © Coerten)

 

La déception : les Doors, avec un Jim Morrison trop sage par rapport à sa réputation. En plus, je suis si loin de la scène que, sur le moment, je ne me rends même pas compte qu’il s’est laissé poussé la barbe.

 

Le boum : les débuts d’Emerson, Lake & Palmer qui, à la fin d’une prestation époustouflante, dévoilent à leurs côtés deux grosses pièces d’artillerie. Oui : des vrais canons dont les détonations ébranlent toute la plaine. Le sommet : le Who évidemment. En pleine forme.

 

Lorsque Pete Townshend annonce un nouveau morceau dont le titre est « Water » c’est plus que ne peut en supporter Keith Moon : « Quoi !? De l’eau ? Pouah ! Je veux du Brandy ! » Pete : «Tais-toi, on a toujours des ennuis par ta faute. » Keith : « Du Brandy ! Du Brandy ! Du Brandy ! » Pete : «  Tu es renvoyé ! » Keith : « Si c’est comme ça, je ne joue plus, na ! ». Ils sont filmés (94). À 4 heures du matin, alors qu’ils terminent leur set avec « Magic Bus », les cinéastes braquent leurs gros projecteurs sur la foule qui se lève pour répondre aux cris de Roger Daltrey. Un grand moment.

 

Le samedi est malheureusement la seule journée que je peux couvrir entièrement. Vers 16h le dimanche, il devient évident que si l’on veut avoir une chance de quitter l’île le jour même, on doit commencer à faire la file pour les bus.

 

 

Elle a déjà cinq cents mètres de long. Je n’ai pas le choix, les copains non plus. Nous avons réservé pour le lendemain notre retour vers le Continent. Nombreux sont ceux qui n’auront pas notre prudence et resteront coincés plusieurs jours en Angleterre. C’est donc dans la file pour les bus que j’entends Jimi Hendrix jouer ses premières notes (95). J’apprendrai par la suite que sa prestation fut laborieuse et qu’il n’a pas été rappelé. C’est Donovan qui s’adjugera le plus gros succès de la journée.

 

 Dans le bus qui nous ramène au bac de Ryde, l’ambiance est joyeuse. Il y a des Anglais qui chantent l’hymne de leur club du football favori, des Allemands qui enchaînent avec une chanson à boire, des Hollandais y vont aussi d’un truc folklorique. Avec les copains on se regarde : comment nous autres, Belges, pouvons-nous être à la hauteur ? On ne va tout de même pas leur servir « Viva bomma » (96) ?

 

LIRE EGALEMENT REPORTAGE COMPLET SUR WIGHT

 

 

J’ai une idée : on va faire mieux. On va unir tout le monde. Pour ça il suffit de… « Vas-y Friswa ! Tu chantes le mieux et le plus fort… : In the town where I was born, lived a man who sailed the sea, and he told us of his live …In a yellow submarine… » Tout le bus : « We all live in a yellow submarine ! A yellow submarine ! A yellow… ».

 

Instant magique. Ces jeunes de différentes nationalités réunis par une chanson des Beatles dont ils connaissent tous les paroles. N’est-ce pas la preuve que la pop-music est le langage universel ?  N’est ce pas là un signe qui indique le chemin vers ce grand changement auquel toute une génération aspire ? 

 

 

Peut-être. Mais comme la route est longue… Comme celle du retour d’ailleurs. Et, entre Portsmouth, où nous avons récupéré nos véhicules, et Douvres, il  y a un petit problème à la camionnette de Tim. Pas grave : il est aussi doué en mécanique que pour jouer de l’orgue. Pendant qu’il s’affaire sous le capot, on se dégourdit les jambes.

 

Otis s’est un peu éloigné du groupe. Une voiture s’arrête à sa hauteur. Des skinheads. Ils sont réputés pour leur goût de la bagarre et leur racisme. Ils ont vu ce Black isolé le long de la route et se réjouissent déjà de lui faire passer un sale quart d’heure. « Courageux », ils ne sont « que » deux pour descendre et se diriger vers le pauvre Otis qui bat vite en retraite et est remplacé par… Friswa.  Un mètre quatre vingt, nonante kilos, ceinture noire de karaté, grand amateur de bagarres de rues dans les bas quartiers d’Anderlecht… Eh bien…Vous voulez que je vous dise ? Des skinheads, avec leurs grosses bottines, ça court plus vite que je ne le pensais. Même s’ils ont le nez qui saigne.


Etrange comme ces deux anecdotes – les chants dans le bus et les skinheads – sont représentatives de ce qui s’est passé à Wight : la fête, l’espoir, la violence, la bêtise.
Déficit des organisateurs : 25.000 Livres Sterling (97). Inondés de lettres de remerciements, ils recevront même des dons de solidarité pour quatre cents Livres environ de la part de ceux qui espéraient qu’on remettrait ça. Mais Wight 1970, le plus grand festival européen quant au nombre de spectateurs, restera aussi le dernier du genre.
Rideau !

 

 

 


                         

Je le savais ! Jenghiz Khan ça va marcher ! « Mon » groupe a raté ses débuts dans un festival à Bilzen à cause d’un accident de voiture (décidément) où l’orgue de Tim fut démoli.

 

Tim Brean et Remy Bass - Jenghiz Khan - Huy 1970

 

Mais il est au programme du cinquième Pop Hot Show qui a lieu le 5 septembre à Huy, et il partage les plus gros succès de la journée avec Stray, un groupe

 

anglais qui joue une musique pimentée d’effets électroniques et possède un chanteur-showman incroyable (98).

Pourtant il y a aussi l’excellent Fynn McCool au programme et une pointure en tête d’affiche : Yes.

 

Mais le groupe, où Steve Howe vient de remplacer Peter Banks comme guitariste, n’est pas encore à l’aise dans sa nouvelle formule et, de toutes façons, voir Jon Anderson après un showman c’est un peu comme la crème chantilly après un plat super épicé.

 

Dans le même ordre d’idée les organisateurs ont intégré au défilé de jeunes musiciens chevelus, barbus et aux tenues excentriques qui est le lot de ce genre d’événement… une élection de miss. Oui : Miss Pop… Bon. Voir défiler quelques jolies filles n’est jamais désagréable et ça peut être divertissant.

 

Mais là, la présentation est confiée à une grosse (dans les deux sens du mot) personnalité de la RTB : Paul Herreman. Et cette dame prend ça très au sérieux. Ça tourne au ridicule. En plus, la gagnante refuse catégoriquement que je l’interviewe en tête-à-tête, là-bas, derrière le gros buisson.

 

        

 Kesskis’passe ?

 

Tragique série : le 3 septembre Alan Wilson, le guitariste du Canned Heat, le 18 septembre  Jimi Hendrix ; le 4 octobre Janis Joplin, décèdent. Pas toujours drôle de tenir une rubrique, mais on fait dans la sobriété. Pour Jimi, le plus célèbre, nous publions une de ses dernières interviews où il annonce qu’il veut mettre sur pied un grand orchestre dont il serait le principal compositeur, sans nécessairement y jouer de la guitare. Il n’avait plus l’intention de se produire souvent sur scène et désirait tourner un film.

 

Retour à Londres pour voir Eric Burdon and War à Hyde Park. Concert gratuit, mais il pleut des cordes. Avec les copains nous démontrons que ce n’est pas une journée de drache qui arrête les Belges. Nous sommes tellement imperméabilisés, anorakés et parapluiesés que ça nous permet de nous glisser (sur le gazon mouillé, c’est facile) dans les premiers rangs alors que beaucoup de spectateurs trempés battent en retraite.  À l’occasion de ce déplacement, je vais voir un film baptisé « Toomorrow » (oui avec deux O) au sujet d’un groupe fabriqué où le rôle principal est tenu par une ancienne choriste de Cliff Richard : Olivia Newton-John.

 

Enfin ! La RTB  télé se décide à produire une émission pop ! Grâce en soit rendue à messieurs Pierre Meyer et Nicolas Résimont. Jeudi 8 octobre : grande première de Pop Shop. Au programme Kleptomania, Mungo Jerry, Cat Stevens et le groupe hollandais Earth and Fire.

 

Le Move décide de changer de nom et de formule et se fait appeler Electric Light Orchestra.

 

Pete Townshend du Who révèle son truc pour que le matériel du groupe fonctionne toujours parfaitement : « S’il y a un pépin nous tuons le roadie responsable »

 

Après les albums de gospels d’Elvis et de Little Richard, après le « Mass in F minor » des Electric Prunes et le « Ceremony » du Spooky Tooth, nouvelle rencontre du divin avec le rock.  C’est la sortie du

 

 

 

 

 

 

double album « Jesus-Christ Superstar » un rock opéra signé Andrew Lloyd Weber et Tim RiceIan Gillan, chanteur du Deep Purple (qui fait figure de révélation de l’année avec son album « In Rock ») tient le rôle du Christ. Formidable ! Je m’extasie et signale l’importance du texte. Tenant compte de ma remarque, RCA qui distribue le disque décide d’inclure la traduction des paroles dans la pochette.

 

  Devant la multiplication des concerts, grands et petits, j’estime qu’il est temps de publier hebdomadairement une sorte de calendrier dans Pop-Hot. Début octobre j’inaugure une colonne que je baptise Quand ? Qui ? Où ? .  On y découvre, entre autres, que Black Sabbath, Manfred Mann Chapter Three et Cressida passent au 140  le samedi 3 à 15h30 une première fois, puis remettent ça le dimanche 4 avec le même horaire. (99)

 

Côté groupes belges… Les changements de personnels sont devenus la spécialité du Wallace Collection à défaut de nouveau hit.  Sylveer Van Holmen, fondateur du groupe, change même de prénom, se fait appeler Sylvain, et s’acoquine avec  un pote à lui qui  avait déjà enregistré quelque chose sous le nom de Pop, avait aussi été le premier chanteur du Kleptomania et répond au nom de Lou Deprijck pour l’état civil. Leur duo est baptisé Two Man Sound. Premier single «  Everybody’s In The Run »
Le Carriage Company reçoit un très bon accueil en Angleterre. Il en est à son troisième single « In Your Room » que tout le monde (oui, moi aussi) trouve fantastique. (100)
Enfin : Laurelie sort son album. C’est une première en Belgique. Jusqu’à présent tout début discographique commençait obligatoirement par un single. Mais Pierre Raepsaet compositeur et bassiste, considéré comme leader du groupe, et son producteur-parolier, Eric Vion, ont tout compris : l’engouement du public pour les albums, l’impact qu’ils représentent, la priorité de l’aspect artistique par rapport au commercial, l’importance de la production, de l’atmosphère.  Début novembre, après m’être versé une bouteille de jus de pomme sur la tête pour m’assurer que je ne rêve pas, que ce sont bien des Belges qui ont réalisé ça,  je l’écris en caractère gras dans ma colonne « Disques à gogo » : « Laurelie », l’album, est un coup de génie !

 



 

Il n’y a pas que Led Zeppelin qui soit né des cendres des Yardbirds. Keith Relf, le chanteur et le batteur Jim McCarthy ont créé un groupe baptisé Renaissance avec Jane, sœur de Relf, comme chanteuse. Le premier album est une réussite et c’est donc avec un préjugé favorable qu’on apprend le passage du groupe au 140  le 17 octobre.

 

Pour l’occasion, étant donné les influences classiques qui sont apparentes chez Renaissance, Jo Dekmine, toujours disposé à prendre des risques, a programmé un ensemble à cordes de musique de chambre mené par Lola Bobesco en première partie.

 

 

 

L’expérience est positive, le public ouvert à la rencontre accueille poliment les musiciens classiques. … Et les musiciens rock. Manifestement les spectateurs présents sont d’ailleurs prêts à accueillir n’importe quoi, car… 

 

 

Je suis un des rares à m’en rendre compte : ce n’est pas Renaissance qui est sur scène !

 

Pas de trace de Keith Relf, de Jim McCarthy, ni d’autres musiciens ayant enregistré l’album et, s’il y a bien une chanteuse, ce n’est pas la blonde Jane Relf mais une fille aux cheveux foncés qui ne lui ressemble même pas.

 

Les « imposteurs » qui se produisent à leur place ne sont pas au point et ils doivent le savoir en plus ! Le chanteur semble avoir difficile à s’empêcher de rire lorsque le public applaudit. Le concert terminé, je cours trouver Dekmine pour lui demander des explications. Il n’en a pas. Il a été abusé lui aussi.

 

J’y vais donc d’un Scandale au 140  dans Pop- Hot pour dénoncer l’affaire. Ce que je ne sais pas c’est qu’après l’enregistrement d’un second album, « Illusion », lequel n’est pas encore sorti, des changements de personnel ont à ce point affecté Renaissance que les seuls liens restant avec la première formule sont le guitariste Michael Dunford qui ne se produit pas encore sur scène avec les autres et le manager. Ils ont reconstitué le groupe autour de la chanteuse Annie Haslam et du claviériste John Tout.

 

Cette formule sortira son premier album « Prologue » en 1972 et…deviendra mondialement célèbre deux ans plus tard (101). Mais en attendant, il semble que le manager en question n’ait prévenu personne, faisant tourner des inconnus pour les roder, en estimant sans doute que « ces ignares de Belges n’y verront que du feu ». Vu l’absence de protestation du public… il n’a pas tort.

 



Maintenant j’en suis sûr : on a gagné ! Qui ça « on » ?

 

Mais tous ceux qui depuis quelques années ont compris que le rock, la pop-music, allaient submerger le monde, tiens !  Ceux qui ont rejeté l’hégémonie des yéyés et de la variété commerciale  dans les médias, ceux qui découvraient l’évolution musicale sur les radios anglaises alors que les Belges en étaient encore aux feuilletons radiophoniques, ceux qui lisaient Juke Box plutôt que Salut les copains, ceux qui se laissaient pousser les tifs, s’ouvraient aux arts et aux idées subversives…

 

Club des Aigles Place des martyrs

Les Aigles manifestent Place des Martyrs

 

Je repense aux premiers balbutiements du rock chez nous,  aux rares concerts, à la rareté des concerts, à l’absence de musique jeune à la radio, au scandale que provoquaient les premières photos des Beatles et des Stones, au combat des Aigles (102).

 

Un an et demi après être entré à Télé Moustique je m’offre une page d’autosatisfaction. Un bilan. Tout a changé : les concerts deviennent nombreux, des groupes mondialement célèbres viennent se produire chez nous, il y a de plus en plus de musique pop à la radio, nous avons enfin une émission de télé et les groupes belges sont en plein essor, les gens sont même plus tolérants vis-à-vis des jeunes, les cheveux longs, toujours symbole de la « nouvelle-culture » ne sont plus source de mépris…

 

Oui : on a gagné.   Bon. Tout n’est pas encore - et ne sera sans doute jamais - parfait, mais on peut même aller jusqu’à rêver qu’un jour on pourra entendre du rock, de la pop-music, à la R.T.B. du matin au soir. Je prophétise : cela viendra.  Parmi les réactions  à mon article, pas mal demandent si je n’ai  pas reçu un coup de guitare sur la tête : « De la pop-music à la R.T.B. du matin au soir !? Sacré Piero, va ! Toujours le mot pour rire ! »


En attendant il est temps de faire comme font les magazines anglais qui nous montrent toujours l’exemple : organisons un poll de popularité. Cela nous permettra de mieux connaître les goûts des lecteurs… Enfin, surtout de vérifier qu’ils comprennent bien ce que j’écris… C’est vrai quoi ! Plus que jamais je suis convaincu que c’est montrer le chemin de la découverte, susciter des passions, dénicher l’originalité qui est important. Pas essayer de faire plaisir à tout le monde. 

Bref : j’organise notre premier Pop Poll  où les lecteurs peuvent voter pour leurs favoris et, conjointement, une Réunion genérale du Pop Hot Club  histoire de les rencontrer de front, d’écouter leurs suggestions, de répondre à leurs questions, de bien faire comprendre que le Pop Hot Club vit, que c’est plus qu’une simple carte de membre donnant droit à des ristournes….

 

 

La réunion a lieu un dimanche après-midi de novembre au 140. L’entrée est gratuite pour les membres, les « curieux » doivent payer. Dialogues avec le public.  Je présente Yves Baquet,  notre metteur en page. Yves dessine aussi le petit personnage qui s’est installé dans l’entête de la rubrique. Celui-ci n’a pas encore de nom. Un spectateur propose : Popol . Adopté à l’unanimité !

 

Popol

 

 

Le Kleptomania, le Burning Plague et le Lagger Blues Machine se produisent bénévolement, d’autres groupes belges envoient des représentants recevoir une sorte de « certificat » de leur classement dans diverses catégories. Car il y en a pour tout le monde : chaque musicien peut découvrir sa propre popularité, pas seulement celle du groupe dont il fait partie.

 

Principaux triomphateurs du « Pop Poll 1970 » côté international :

Groupe : 1- Led Zeppelin, 2- The Who, 3- The Beatles, 4- Pink Floyd, 5- Deep Purple.

Chant : 1- Robert Plant, 2 – Roger Chapman, 3- Joe Cocker.

Guitariste : 1- Eric Clapton, 2- Jimi Hendrix, 3- Jimmy Page.

Bassiste : 1- Jack Bruce

Batteur : 1- Ginger Baker

Claviériste : 1– Keith Emerson.

Autre instrument : 1- Ian Anderson (flûte).

Le disque de l’année est l’album « In Rock » de Deep Purple.


Côté belge : Groupe : 1 – Kleptomania, 2- Wallace Collection, 3- The Pebbles, 4- The Tenderfoot Kids, 5- Carriage Company.

Chanteur : 1- Luc Smets des Pebbles, 2- Wim Hombergen du Kleptomania, 3- Sylvain Vanholme du Wallace Collection

Guitariste :1- Dany Lademacher du Kleptomania. Bassiste :1- ex-aequos : John Valcke du Wallace Collection et Charly Deraedemaecker du Kleptomania.

Batteur : 1 – Roger Wollaert du Kleptomania.

Claviériste : 1- Luc Smets des Pebbles.

Autre instrument : 1- Raymond Vincent violoniste du Wallace Collection.

 

Disque de l’année :  « I’ve Got My Woman By My Side » du Kleptomania.

Il y a d’autres catégories.  Ainsi Marc Moulin réussit l’exploit d’être premier comme présentateur radio et comme jazzman, tandis que son émission  Cap de nuit  est en tête pour la radio. Quel type !

 

Kleptomania. La popularité du groupe est à son sommet. Elle s’étend sur toute la Belgique. Humo a été jusqu’à accepter que lui soit consacrée la page en couleurs que nous avons en commun. Les résultats du poll le confirment : c’est « le » groupe belge de 1970. Pourtant, côté disque, on est loin du compte. Deux singles jusqu’à présent à son actif et si « I’ve Got My Woman By My Side » a été plébiscité, ce n’est nullement représentatif d’un quelconque succès au niveau des ventes. D’ailleurs on ne peut pas dire que ce titre ou le précédant, « Kept Woman », aient assez de potentiel pour un single.

 

Kleptomania

 

Une chose est évidente, la musique du Kleptomania, un mélange de rock, de blues et de country que Dany Lademacher, son guitariste, n’arrive même pas à définir (« Aucune idée. C’est planant, mais ce n’est pas underground. Quelque chose entre le jazz et la pop ? » (103))  a besoin d’un album. Mais il semble que, comme Jean Martin pour le Wallace, Wilfried Britts le jeune et dynamique manager qui est considéré comme le cinquième membre du groupe, soit encore obnubilé par la perspective d’un hit en single, ne comprenant pas que, pour ce genre de musique, les albums sont devenus plus importants. Le Klepto, comme on l’appelle déjà affectueusement, reste donc avant tout un groupe de scène. Il n’y est pas particulièrement spectaculaire, pas de showman en son sein, mais il y est très bon ;  Dany étant incontestablement un des meilleurs, peut-être même « le » meilleur guitariste de Belgique et Roger Wollaert, premier prix de conservatoire, un batteur de première force.  Et puis, surtout, ces gars ont le look. Oui : jeunes, beaux, élancés, ils plaisent aux filles et ça fait tout de suite 50% de fans potentiels en plus que la moyenne des autres groupes de chez nous. Lesquels, il faut bien l’avouer, ne paient souvent pas de mine.

 

Kesskis’passe ?

 

Un nouveau chanteur-compositeur semble faire sensation outre-Manche. Son nom : Elton John.

 

L’ancien guitariste des Blossom Toes, Jim Cregan, s’associe avec Richie McCracken et John Wilson les deux membres du Taste dont Rory Gallagher s’est séparé. Nom de ce nouveau trio : Stud.

 

Ça ne s’arrange pas du côté de la Discothèque nationale (104), pour lancer leur rayon pop-music, ses dirigeants envoient des communiqués révélateurs de leur totale ignorance dans ce domaine. Ils affirment, par exemple, que le genre est né en 1962, alors que les connaisseurs estiment que c’est vers le milieu des années cinquante. Le vrai problème est que ces gens tolèrent les Beatles mais n’ont toujours pas digéré Elvis Presley.

 

Nick Mason révèle que, si pour interpréter « Atom Heart Mother », Pink Floyd fait appel à un orchestre symphonique, le groupe rencontre des difficultés à s’assurer la collaboration de ce genre de formation depuis que, lors d’un concert à Bath, un fan s’est amusé à verser de la bière dans le tuba.

Dans le cadre des échanges culturels avec…le Congo,  Kleptomania et Burning Plague vont y faire une tournée… qui commence par un blocage de deux heures à  l’aéroport de Zaventem.

 

Les Pebbles sortent enfin un album (intitulé tout simplement « The Pebbles ») et c’est une petite merveille au niveau vocal et des arrangements. La plage « To The Rising Sun », en particulier, démontre que le groupe anversois est proche de la perfection.

 

Dans une interview à propos du succès de son émission Formule J, qui passe de plus en plus de rock entre 16h30 et 19h sur la RTB, Claude Delacroix déclare : « Je suis en conflit perpétuel avec certaines influences. D’un côté j’ai les fans de pop, tendance Piero, de l’autre les chapelles de chanson française – Angèle Guller exigeait une demi-heure du genre pour chaque émission. Je me fais taper dessus par tout le monde. »

 

 

 

 

 

 

 

(86) 21 et 22 août pour la pop

(87) Était-ce à cause du nom du groupe ?

(88) Conley finira par se produire un compromis ayant été trouvé

(89) Qui était elle, déjà la deuxième. Il y avait eu aussi une édition en 1968.

(90) Comme Otis Redding, vous sortez d’où ?

(91) Ancienne division de la Livre Sterling

(92) C’était 3 Livres pour trois jours, vraiment pas cher

(93) Ce qualificatif a évolué en « heavy metal », puis en « metal »

(94) Cette prestation historique est disponible en DVD sous le titre « Listening To You – Live At the Isle of Wight festival 1970 »

(95)Jean-Claude Lambert qui devait, par la suite, devenir public relation chez E.M.I. est toujours l’un de mes meilleurs amis mais continue à m’en vouloir aujourd’hui de lui avoir fait rater Jimi.

(96) Air populaire bruxellois

(97) Environ 75.000 euros sans compter l’inflation

(98) Mais dont on n’entendra plus jamais parler

(99) Eh oui : il y avait encore des « matinées »

(100) À l’époque on croyait vraiment qu’il allait faire mieux que le Wallace.

(101) Du coup les Relf reformeront un groupe sous le nom d’Illusion, d’après le titre de leur second album, mais Keith décédera, électrocuté, en 1974

(102) Voir CŒUR DE ROCK

(103) Dixit son interview dans le TM2309 du 30 avril 1970

(104) Qui deviendra la Médiathèque de la Communauté Française de Belgique

 

 

 

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Mise en page : Jean Jième

 

Chapitre 5 : Dawn of the seventies

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